L’usine de boîte de vitesses MMT-B, à Blanquefort, près de Bordeaux, pourrait bien être emportée par les difficultés de Ford, son principal client. L’équipementier supprime la moitié de ses 400 emplois et n’a aucune perspective de relance.L’annonce de Ford de supprimer près de 9 000 emplois en Europe, soit 30 % de ses effectifs, vient miner encore un peu plus les maigres perspectives de l’usine MMT-B (Manufacturing the Mobility of Tomorrow in Bordeaux), située au nord de Bordeaux. Deux ans après sa reprise par le fonds de retournement allemand Mutares, le site girondin, spécialisé dans la fabrication de boîtes de vitesses pour les modèles Ford, coupe durement dans ses effectifs.
Entre le 1er octobre et le 31 décembre, 193 des 420 emplois seront supprimés par le biais de 122 départs volontaires, dont 32 retraites anticipées, et de 71 licenciements économiques dans le cadre d’un plan social. Olivier Boidin, le directeur général et DRH de l’entreprise, ainsi que la directrice financière de MMT-B, quitteront l’entreprise à cette occasion. De quoi inquiéter franchement les représentants syndicaux alors que l’usine employait encore 740 salariés il y a trois ans.
« De gros doutes sur la survie de l’usine »
La production de boîtes de vitesses pour Ford est tombée à 1 200 unités par semaine, soit autour de 60 000 boîtes par an, très loin des 135 000 unités encore fabriquées en 2024 et en deçà des prévisions qui tablaient sur 70 000 unités en 2025. « On est objectivement très inquiets pour la suite. J’ai de gros doutes sur la survie de l’usine au-delà de trois ans », se désole Régis Labasse, le secrétaire Force ouvrière du comité d’entreprise, lui aussi sur le départ.
Car les tentatives de diversification initiées depuis 2023 par la direction n’ont pas permis de compenser la baisse des volumes commandés par Ford. Il s’agissait de produire des robots tondeurs pour la start-up bordelaise Vitirover et d’assembler des bornes de recharges pour véhicules électriques pour l’entreprise Wattpark. « Ces activités vont dans le bon sens mais elles n’occupent qu’une dizaine de personnes, le compte n’y est pas », constate Régis Labasse.