Les deux coopératives agricoles envisagent de s'unir pour « prendre en main leur avenir ». Un projet de fusion qui, s'il se concrétise, ferait naître un acteur majeur de l'industrie agroalimentaire, avec des conséquences potentielles sur la concurrence et le quotidien des Français.Les coopératives Agrial et Terrena, deux des plus grands acteurs du secteur agricole et agroalimentaire, ont annoncé lundi l’étude d’un projet de « rapprochement stratégique » qui, s’il se concrétise, donnerait naissance à un mastodonte de l’industrie. Les deux entités, qui pèsent ensemble un chiffre d’affaires cumulé de plus de 12,7 milliards d’euros, envisagent d’unir leurs forces pour renforcer leur modèle coopératif et leur compétitivité face aux défis du marché mondial.
Cette initiative, actuellement en phase d’étude, est portée par les conseils d’administration respectifs et devra être validée par les adhérents des deux coopératives, un passage obligé pour tout projet d’une telle envergure. L’opération nécessitera également l’aval de l’Autorité de la concurrence pour s’assurer du respect des règles de marché, et fera l’objet d’une consultation auprès des représentants du personnel. Pour les dirigeants des deux groupes, il s’agit d’une occasion de « prendre en main notre avenir », comme l’a souligné Olivier Chaillou, président de Terrena, dans un contexte de mutations profondes du secteur.
Synergies et complémentarités en ligne de mire
L’argument principal avancé par les deux coopératives pour justifier ce rapprochement est la complémentarité de leurs activités. Agrial, basée à Caen, s’appuie sur un réseau de 12 000 agriculteurs-adhérents et des marques grand public comme Florette, Soignon ou Breizh Cola. Terrena, ancrée dans le Grand Ouest, compte de son côté 18 000 exploitations agricoles et des marques comme Tipiak ou Père Dodu. Leurs portefeuilles de produits couvrent un large éventail, des productions animales (volailles, porcs, lait) aux productions végétales (céréales, viticulture), offrant de vastes possibilités de synergies. L’objectif affiché est de capitaliser sur ces forces complémentaires pour se positionner sur tous les segments de marché, du conventionnel au biologique, en passant par les labels de qualité (Label Rouge, AOP).