117 organisations demandent dans une lettre ouverte au nouveau Premier ministre de rendre enfin publique la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (Snanc). Attendue le 8 septembre, elle a été bloquée par Matignon juste avant la chute du gouvernement.Cela a été l’un des derniers actes du gouvernement Bayrou. La Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), qui devait être publiée le 8 septembre, juste avant la déclaration de politique générale du Premier ministre ayant mené à sa chute, a finalement été bloquée in extremis par Matignon, selon des sources citées par divers médias. Pourtant, une version conclusive avait été arrêtée le mercredi 5 septembre, lors d'une ultime réunion interministérielle.
117 organisations de la société civile (environnementales, des consommateurs, paysannes, mais aussi d’entreprises agroalimentaires et de professionnels de santé) demandent désormais sa publication à Sébastien Lecornu, dans une lettre ouverte révélée ce mercredi matin. Elles évoquent « une question de respect démocratique et de cohérence scientifique », et soulignent trois « demandes prioritaires » : l’interdiction de la publicité des produits trop gras, trop sucrés et trop salés, notamment vis-à-vis des enfants, assortie de l’obligation d’affichage du Nutri-Score ; la fixation d’une trajectoire chiffrée de réduction de la consommation de produits animaux incluant la viande, avant 2030 ; et la nomination « d’un ou une déléguée interministérielle chargée de la mise en œuvre et du suivi ».
Différend autour de la consommation de viande
La deuxième revendication est la plus sensible. La consommation de viande est en effet l’enjeu à l’origine d’une grosse partie du retard et du dernier blocage de la Snanc, qui devait déjà être élaborée avant juillet 2023 afin de définir la stratégie gouvernementale pour une alimentation saine et durable d'ici à 2030. Depuis le début, elle oppose les ministères concernés : la Santé et la Transition écologique, favorables à la fixation d’un objectif explicite de réduction, et l’Agriculture, inquiet des effets sur les éleveurs.