OPINION. « Du chantier à la collectivité, la location comme levier de l’économie circulaire »
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Rudy Frédéric Kazi
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Par Rudy Frédéric Kazi, Délégué général de l’Association des Élus de France
Le secteur de la construction concentre une part importante des consommations de ressources et de la production de déchets en France. Béton, acier, cuivre ou encore plastiques : chaque chantier mobilise des volumes considérables de matières premières, dont l’extraction et la transformation pèsent lourdement dans le bilan carbone national.
Pour relever ce défi, une stratégie globale de sobriété et de circularité s’impose. Elle englobe l’efficacité énergétique des bâtiments, l’évolution des matériaux utilisés, etc. Mais aussi un levier souvent sous-estimé, le matériel de construction. Agir sur la manière dont les équipements asont utilisés et partagés constitue une étape décisive pour limiter le gaspillage et inscrire le secteur dans une trajectoire bas-carbone.
La location d’équipements permet de mutualiser l’usage des machines et d’en optimiser le taux d’utilisation. Plutôt que de multiplier les engins faiblement employés et coûteux à fabriquer, une flotte partagée couvre efficacement les besoins des chantiers. Résultat : une réduction directe de la consommation de matières premières dans la production des équipements, une diminution de l’énergie grise associée à leur fonctionnement et un moindre volume de déchets en fin de vie.
D’autant que contrairement aux idées reçues, inscrire les équipements dans une logique de circularité ne signifie pas renoncer à la performance. Au contraire, la location permet aux entreprises comme aux collectivités d’accéder en permanence à des matériels récents, adaptés et conformes aux normes environnementales en vigueur. Cette flexibilité protège des risques liés à l’obsolescence et garantit une continuité opérationnelle sans immobiliser de capitaux dans des actifs sous-utilisés.
De grands loueurs tels que Loxam mettent à disposition du secteur des flottes dimensionnées et diversifiées (engins thermiques et électriques, tests sur l’hydrogène), contribuant à diffuser le modèle circulaire à l’échelle nationale. En s’appuyant sur ces acteurs, entreprises de BTP comme collectivités locales disposent d’une alternative concrète pour inscrire leurs projets dans la sobriété, tout en répondant à leurs contraintes techniques et budgétaires. Cette approche répond aussi aux ambitions portées par de nombreuses collectivités, qui intègrent désormais des objectifs explicites de circularité dans leurs plans climat, leurs stratégies de gestion des déchets ou leurs marchés publics.
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De la réalisation d’un ouvrage à la gestion quotidienne des infrastructures locales, la location permet de faire converger les objectifs économiques et environnementaux. Elle transforme l’usage des actifs en un outil de circularité : moins de gaspillage, une meilleure utilisation des ressources et un allongement du cycle de vie des équipements. Un modèle qui illustre, du chantier à la collectivité, que la transition écologique ne passe pas uniquement par l’innovation technologique, mais aussi par une meilleure organisation de l’existant.
La réflexion autour d’une plateforme de mutualisation des équipements de construction, fondée sur un principe de location partagée entre collectivités territoriales et entreprises, incarne une réponse moderne et pragmatique aux défis économiques et environnementaux. Ce dispositif permettrait aux acteurs locaux, entreprises comme collectivés, d’accéder à du matériel récent, conforme aux normes écologiques, sans supporter les coûts lourds d’acquisition ou d’entretien. En favorisant la coopération public-privé et la logique de subsidiarité, cette solution optimise l’usage des ressources, réduit le gaspillage, allège le bilan carbone et soutient une gestion plus efficiente des deniers publics. Elle s’inscrit pleinement dans une politique de décentralisation active, où la mutualisation devient levier d’autonomie, d’efficacité et de développement durable au service des territoires.
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