OPINION. « Développer le logement intermédiaire pour faciliter les embauches »
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Bernard Michel
Antoine Doyen
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Bernard Michel
Antoine Doyen
Par Bernard Michel, président de VIparis et membre élu de la CCI Paris Ile-de-France
Alors oui, activer le levier du logement est un impératif pour le marché du travail. Cela éviterait des situations trop connues des recruteurs comme celle du technicien qui refuse une mutation en région parisienne faute de pouvoir se loger à moins d’une heure trente de son entreprise. Celle d’une professionnelle de santé qui ne répondra pas à l’offre située en zone tendue, assortie d’une forte augmentation de salaire car cette dernière passerait entièrement dans le loyer d’un appartement. Celle encore du jeune qui accepte un travail peu rémunéré -ou moins que ce qu’il espérait- mais au bénéfice de conditions de vie plus confortables
Les salariés ont de plus en plus de mal à trouver un logement décent, pas trop loin de leur travail et dont le loyer est raisonnablement en rapport avec leur salaire. Ce n'est pas une crise du marché du travail, c'est une crise du logement déguisée en crise du recrutement.
Un regard sur la seule région Ile-de-France suffit à mesurer l’ampleur des difficultés. Dans ce territoire qui représente plus de 30 % du PIB national, les prix de l’immobilier s’envolent sans que les salaires ne suivent. Les zones dans lesquelles se concentrent les bassins d’emploi (souvent périphériques et/ou nouvellement industrialisées) sont régulièrement celles ayant l’offre de logements à proximité la plus faible. Quant au logement social, les chiffres ne sont, là aussi, pas bons : près de 850 000 personnes sont sur liste d’attente et le parc ne grandit pas assez vite pour s’accorder avec la démographie des ménages.
Des solutions existent. Elles concernent notamment le logement intermédiaire, cette catégorie située entre le parc social et le marché libre, et qui est le segment répondant le mieux aux besoins des salariés. Favoriser son développement passe par trois mesures indispensables.
La première consiste à autoriser les auteurs de PLU à porter, dans les zones tendues, le bonus de constructibilité accordé aux programmes de logement intermédiaire à 50 %, contre 30 % actuellement dans le code de l’urbanisme.
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La deuxième vise le « pastillage », cette technique qui permet de délimiter au sein des zones urbaines ou à urbaniser, des actifs immobiliers sur lesquels sont instaurés des emplacements réservés en vue de la réalisation de programmes de logements, dans le respect des objectifs de mixité sociale. Or, cette faculté de « pastiller » est utilisée en faveur du seul logement social, il est nécessaire de l’étendre au logement locatif intermédiaire.
Troisième mesure, celle prenant en compte le logement intermédiaire dans le quota SRU. Actuellement les communes ont l’obligation de réaliser 25 % de logements sociaux par an. Intégrer, même partiellement à hauteur de 50 %, le logement locatif intermédiaire dans ces 25 % permettrait aux communes de mieux remplir leurs obligations, de fluidifier les parcours résidentiels et d’améliorer le logement des salariés des entreprises.
Les remèdes existent donc, ils doivent à présent s’inscrire dans les textes. Le gouvernement a clairement pris la mesure de l'urgence en matière de logement puisqu’après le Plan Logement présenté en janvier dernier, des annonces ministérielles ont suivi avec pour objectif 400 000 logements construits par an, soit deux millions supplémentaires d'ici 2030. Une volonté politique à saluer car le logement est un véritable enjeu de compétitivité économique. Un territoire qui ne produit pas de logements accessibles près de ses bassins d’emplois et zones d’activité pénalise son développement. Nous devons en être conscients : Investir dans le logement aujourd’hui, c’est garantir la croissance de demain.
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