OPINION. « Dette écologique : arrêtons avec les "stop and go" »
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Olga Givernet,
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Par Olga Givernet, députée de l’Ain et ex-ministre (*)
Nous vivons une époque paradoxale. D’un côté, l’évidence du désastre écologique s’impose : dix millions d’hectares de forêt ont brûlé en Europe l’été dernier, et l’effondrement de la biodiversité s’accélère avec la disparition de deux tiers des populations d’animaux sauvages et d’insectes. De l’autre, après des années de progrès avec le Green Deal européen, nous semblons revenir en arrière sur tous les fronts. La directive sur le devoir de vigilance des entreprises est reportée, l’objectif de fin des ventes de véhicules thermiques en 2035 est remis en cause, et l’ensemble de l’agenda européen du Green Deal est fragilisé.
La France n’est pas en reste. Les zones de faibles émissions sont abandonnées et le principe de zéro artificialisation nette recule, alors que la pollution tue plus de 40 000 personnes chaque année et que notre biodiversité continue de s’effondrer.
Le contexte international et économique complique la situation. La compétition mondiale, les droits de douane américains, les subventions chinoises et le ralentissement économique donnent plus de poids aux lobbies, qui présentent les ambitions environnementales comme une contrainte. Même des figures emblématiques comme Greta Thunberg se détournent parfois de l’urgence climatique pour d’autres causes. Mais les tensions internationales ne doivent pas nous éloigner du seul défi qui devrait nous rassembler : sauver la vie et le vivant. A l’image du sport ou de la recherche, une saine compétition internationale devrait collectivement nous animer.
Car nos efforts portent des fruits concrets : meilleure qualité de l’air, alimentation plus saine, et investissements massifs des entreprises dans la transition écologique et énergétique, qui leur donnent un avantage compétitif certain. Préserver nos sols, nos forêts, nos eaux et notre faune est indispensable face à des intérêts privés toujours plus agressifs. Nous ne pouvons accepter ces reculs pour trois raisons essentielles.
D’abord, la santé publique. La pollution atmosphérique, les pesticides et la dépendance aux énergies fossiles menacent directement la vie et l’espérance de vie des Français. Ces enjeux touchent particulièrement les enfants et les populations vulnérables, et pèsent sur notre système de santé. La transition énergétique et la protection de la biodiversité sont donc des conditions à la survie de l’espèce humaine.
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Ensuite, la souveraineté. Retarder la sortie des véhicules thermiques ou continuer à dépendre des importations d’énergie fossile nous rend fragiles face aux pays qui ne sont pas naturellement nos alliés et aux fluctuations des marchés mondiaux. La construction d’un système énergétique européen fondé sur l’électricité, combinant nucléaire et renouvelables, est la seule voie pour garantir notre indépendance et protéger nos industries stratégiques.
Enfin, la compétitivité économique. La transition écologique est une source majeure d’innovation et de croissance. Une usine sur deux qui ouvre en France opère dans ce secteur, et nos entreprises doivent maintenir leurs objectifs pour ne pas perdre leur avance face à la Chine et aux États-Unis. Retarder la transition reviendrait à dilapider des milliards et à laisser filer notre avance industrielle, alors que le monde entier s’oriente vers ces technologies d’avenir.
La France doit retrouver son rôle de leader environnemental et climatique et mettre fin aux reculs, tant sur le plan national qu’européen et mondial. Il faut s’engager résolument dans la transition écologique et énergétique, en accompagnant et protégeant les ménages et les entreprises dans cette transformation dont dépend notre avenir collectif.
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(*) Olga Givernet a été nommée ministre déléguée chargée de l'Énergie en septembre 2024 dans le gouvernement de Michel Barnier. Élue députée de la troisième circonscription de l'Ain en 2017, elle a été réélue en 2022 et 2024. Elle a également exercé des responsabilités locales, d'abord en tant que conseillère municipale à Saint-Genis-Pouilly dès 2014, puis conseillère régionale d'Auvergne-Rhône-Alpes en 2015. Elle s'est particulièrement engagée sur les enjeux de sobriété énergétique et de transformation du secteur de l'énergie pour faire de la France une grande nation énergétique. Olga Givernet a travaillé plus de dix ans dans le secteur privé en tant qu'ingénieure dans l'aéronautique. Elle est diplômée Ingénieure de Polytech Sorbonne et détient un Executive Master en Technologie, Innovation et Management de l'École Polytechnique.
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