OPINION « Le mythe du "bon moment" pour investir »

Olivier Mariscal
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Par Olivier Mariscal, directeur général de BDL Club Invest.
Face à cette incertitude, beaucoup préfèrent attendre. Cette attitude, en apparence prudente, repose pourtant sur une erreur fondamentale : ce n'est pas le moment d'entrée qui fait la performance, mais le temps passé investi.
Sur une longue période, les marchés actions montent plus souvent qu'ils ne baissent. L'enjeu n'est donc pas d'anticiper, mais de rester exposé. C'est une réalité que nous constatons quotidiennement dans la gestion : les stratégies les plus efficaces ne sont pas les plus sophistiquées, mais les plus constantes.
Si cette évidence est souvent ignorée, c'est parce que l'investisseur n'est pas toujours rationnel. La finance comportementale le montre clairement : aversion aux pertes, biais de timing, surestimation du court terme conduisent à des décisions sous-optimales. Pour éviter la mauvaise décision immédiate, l'investisseur préfère attendre plutôt qu'agir dans l'incertitude, quitte à compromettre son objectif de long terme. C'est précisément ce qui pénalise la performance.
Les études sont sans appel : même un investisseur particulièrement malchanceux, qui aurait investi juste avant chaque grande crise boursière, aurait tout de même obtenu un rendement moyen de 4 à 5 % sur 30 ans. À l'inverse, un investisseur discipliné, simplement resté investi, aurait atteint environ 8,4 % par an. Plus surprenant encore, manquer seulement les 30 meilleures journées de Bourse, soit, une poignée de jours sur trois décennies, aurait fait chuter ce rendement à près de 2 % par an. La leçon est simple : en investissement, le plus grand risque n'est pas d'entrer au mauvais moment, mais de rester à l'écart des marchés.
En pratique, ces comportements amplifient le phénomène. Les investisseurs ont tendance à acheter après les hausses et à vendre après les baisses : beaucoup investissent tard et revendent dans la panique. Or une part décisive de la performance se concentre sur quelques journées seulement, souvent au cœur des périodes de stress, précisément lorsque de nombreux investisseurs quittent les marchés et manquent les rebonds. Le problème est que ces journées sont impossibles à anticiper de façon fiable.
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C'est pourquoi la discipline doit primer sur l'anticipation. Elle se traduit par des allocations structurées et des investissements réguliers. Les versements programmés, en particulier, neutralisent le biais de timing et ancrent l'investisseur dans une logique de long terme.
La Bourse ne progresse pas de manière linéaire. Elle avance par à-coups, alternant corrections et phases de reprise rapide. Chercher à éviter les creux revient bien souvent à passer à côté des hausses. Chaque sortie interrompt en outre le mécanisme des intérêts composés, pourtant essentiels à la création de valeur dans le temps.
Les niveaux élevés des marchés ne doivent donc pas être perçus comme une anomalie, mais comme une caractéristique intrinsèque de leur fonctionnement. Des marchés qui créent de la valeur sont, par définition, régulièrement proches de leurs plus hauts. Attendre systématiquement une correction revient, bien souvent, à attendre indéfiniment.
Un dernier atout est souvent sous-estimé : la liquidité des actions. Elle permet d'ajuster son exposition à tout moment, à condition de ne pas en faire un outil de décisions impulsives.
Au fond, investir en actions ne relève pas de la précision, mais de la discipline. Les marchés récompensent moins ceux qui anticipent que ceux qui persistent. Dans un univers dominé par l'incertitude, la meilleure stratégie reste souvent la plus difficile à appliquer : rester investi, structurer son allocation, et laisser le temps faire son travail.
Attention : investir en actions présente un risque de perte en capital.
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(*) Olivier Mariscal est directeur général de BDL Club Invest et membre du comité exécutif de BDL Capital Management à partir du 9 octobre 2025. Il a débuté sa carrière chez Nestlé avec la gestion de marques internationales, puis il a assumé plusieurs fonctions commerciales et stratégiques au sein du groupe britannique Royal Unibrew. Ensuite, il a rejoint BDL Capital Management où il a contribué au développement de l’entreprise en France et à l’international. Il développe la clientèle des particuliers en tant que directeur général de BDL Club Invest et membre du comité exécutif de BDL Capital Management à partir du 9 octobre 2025.