OPINION. « Paris restera un rempart et un refuge face aux passions tristes... Une ville qui résiste encore et toujours »
latribune.fr

Le quartier de la Défense à Paris.
Stephanie Lecocq - reuters
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Le quartier de la Défense à Paris.
Stephanie Lecocq - reuters
Souvent à l’avant-garde des conquêtes démocratiques, ville d’émancipation et de débats, elle s’est forgée dans les combats pour la liberté et l’égalité. Dans les soubresauts de l’Histoire, elle a surtout porté des avancées durables. Paris n’est jamais plus forte que lorsqu’elle défend les principes de droit, la dignité et la justice.
De la Commune aux conflits mondiaux, quand la France veut se faire entendre, elle vient à Paris. Au lendemain des attentats, les Parisiens n’ont pas hésité à marcher et à sortir en terrasse. La fête est une résistance.
Fluctuat Nec Mergitur, battue par les flots, Paris ne sombre jamais.
L’histoire insurrectionnelle de Paris n’est pas dans les livres. Les Tuileries sont criblées de balles. Germaine Tillion, Lucie Aubrac, Berty Albrecht, Yvonne Le Tac, Guy Môquet, Jean Moulin, de Gaulle… Elles et ils ont aimé la France au péril de leur vie. Ont dit “non” quand beaucoup avaient abdiqué. Ont donné leurs noms à nos écoles et nos rues. Quand Paris était menacée, les Parisiens n’ont ni flanché, ni capitulé. Quand le pays était meurtri, ils ne l’ont jamais trahi.
Aujourd’hui, c’est à nous de dire « Jamais ! » face aux populismes.
Les digues tombent les unes après les autres. Aux États-Unis, l’ICE agit comme une milice paramilitaire. En France, on peut dire sans complexe qu’il faut organiser de « grandes rafles » pour « se débarrasser des OQTF ».
Les droites nationalistes et réactionnaires ont désormais plusieurs visages, mais recyclent les mêmes obsessions et les mêmes peurs sous d’autres emballages, toujours plus souriants, sophistiqués et marquetés.
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Mais les résistants ne sont dupes d’aucun relooking de poupées de sondage en poupées de suffrages. Si l’amour est dans le pré, le bonheur n’est jamais à l’extrême droite. Résister aujourd’hui, c’est refuser ces pièges. Sous couvert de cohésion, certains font le pari de l’exclusion et de la division. Ils promettent l’ordre en piétinant le droit, la sécurité et la paix sociale en triant les vies.
Résister n’est pas une stratégie politique, c’est un engagement concret face aux idées et stratégies réactionnaires et nauséabondes qui ternissent le dynamisme de notre ville et entravent l’élan collectif et citoyen.
Résister, c’est refuser le renoncement. C’est protéger les droits et les libertés, construire un avenir commun. C’est dénoncer les discours de haine et les reculs démocratiques, des consciences inflexibles et une exigence quotidienne face à la banalisation de la violence et à la tentation de l’exclusion.
C’est affirmer une gauche qui ne cède ni à la peur, ni à la division. C’est tenir la barricade, encore et toujours, pour défendre le droit, la dignité et l’égalité. Paris doit appartenir à ses habitants, ses artisans, soignants, hommes et femmes de ménage, ses chômeurs, ses chefs d’entreprise, ses enfants, adolescents et étudiants, nés ici ou ailleurs. La ville lumière n’est jamais endormie. La mode, la culture, l’art, la fête y tourbillonnent. Poétique et libertaire, romantique, patrimoniale et bigarrée, Paris ne peut être ni vitrifiée, ni muséifiée.
Résister, défendre Paris. Défendre Paris, c’est défendre une certaine vision de la France et du monde : celle qui se bat sans se soumettre aux vents contraires. Résister ce n’est pas s’indigner sur Twitter. Ce n’est pas aimer Paris et la France en slogan, mais les défendre en actes. C'est accepter l’exigence de la résistance. Paris restera un rempart et un refuge face aux passions tristes.
Femme ou homme de cette belle union de gauche, engagé.e. dans la bataille des municipales, résiste !
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(*) Signataires - Place Publique, Paris 18 :
Hela Daboussi, Herveline Fabre, Jean-Marie Guérout, Marine Seraphin, Guillaume Turbiak, Behnam Badie, Kenza Bensaïd, Philippe Cronier, Christophe Dellay, Isabelle Monfort
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