• La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Une du journal La Tribune

Dernière édition

Flèche menu déroulant
Newsletters
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat

Sélectionnez votre région

Logo La Tribune

RECHERCHER

Loupe

LTD
La Tribune Dimanche
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre
Air&Cosmos icon
Air&Cosmos
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

À la une
  • Finances publiques
  • Fiscalité
  • Immobilier
  • Consommation
  • Distribution
  • Politique internationale
  • Finances personnelles
  • Banque & assurances
  • Marchés financiers
  • Intelligence artificielle
  • High tech
  • Télécoms
  • Start-up
  • Énergie
  • Politique industrielle
  • Chimie & pharmacie
  • Automobile
  • Mobilités
  • Aéronautique
  • Défense
  • Spatial
  • Environnement
  • Agriculture & agroalimentaire
Idées & débats
Kiosque numériqueNewsletters
La Tribune DimancheLa Tribune AfriqueAir&Cosmos
  • La Tribune Now
  • Votre argent avec Finance Héros
  • Construire les mobilités de demain
  • Fonction Finance 2.0 avec Cegid
  • Transformations durables avec Forvis Mazars
  • Accélérer avec le Cloud par AWS
  • Fisher Investments
  • Au coeur du business
  • VisionAir avec Bpifrance
  • Adaptabilité permanente : Le pouvoir d’agir avec IBM Consulting
  • Succès d'entreprises avec Deloitte
  • L'Œil sur vos Finances
  • Les Rencontres de Roissy Meaux Aéropôle
  • France Travail accompagne le Salon des Maires
  • La CCI Paris Ile-de-France, le réflexe des entrepreneurs
  • #La Tribune Business Interviews
  • #La Tribune Business Dossiers
  • #La Tribune Business TV
  • Instant Sélection
Événements
Idées & Débats

OPINION. « La dissuasion française, pivot d’un nouveau contrat stratégique européen »

latribune.fr

Publié le 13 mars 2026 à 07:05

Véronique Chabourine

Véronique Chabourine

DR

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
LireS'abonner

Les plus lus

  • 1

    « La Russie produit environ 300 nouveaux chars par an, qui ne sont pas utilisés sur le front ukrainien »: pourquoi les pays baltes craignent un mauvais coup de Moscou

  • 2

    Marie-Ange Debon, PDG de La Poste : « Le courrier ne représente plus plus que 15 % du chiffre d’affaires global »

  • 3

    La future plus grande centrale thermique du Burkina Faso obtient un soutien de 52 millions d'euros

  • 4

    Un été en Grèce : optez pour le Péloponnèse plutôt que les Cyclades

  • 5

    Général Jean-Paul Paloméros, ancien chef d’État-major de l’armée de l’air : « Pour défendre la paix, il faut montrer les muscles »

  • 6

    Laurent Voulzy et Isaure Le Faou : « Personne ne m’avait mis autant de lumière sur le cœur et sur l’âme »

Régions

  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne-Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur

La Tribune +

  • Espace abonné
  • Kiosque numérique
  • Annonces légales
  • Déposer vos annonces légales

Services

  • Supplément
  • La Tribune now

Evénements

  • ACT50
  • Aéroforum
  • AIM
  • Bordeaux Solar Summit
  • Family & Business Forum
  • Forum Europe Afrique
  • Impacts Santé
  • Les Lauréates
  • Paris Air Forum
  • Sommet Aéronautique & Spatial de Bordeaux
  • Sommet Économique de la Corse
  • Tech For Future
  • World News Media Congress
  • Tous nos événements en régions

Pour gérer vos consentements,

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

YouTube
LinkedIn
Facebook
Instagram
X

Application mobile

App Store
Google Play

  • Nous Contacter
  • Charte d'indépendance et de déontologie
  • Mentions Légales
  • CGU
  • CGU Pro
  • Gestion des cookies
  • Exercez vos droits
  • Politique de confidentialité

Droits de reproduction et de diffusion réservés @LaTribune

Partenaire digital de confiance - Certification de qualité
  • La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Google icon
Ajouter La Tribune à vos sources préféréesAjouter La Tribune à vos sources préférées
En évoquant une évolution de la doctrine nucléaire vers une « dissuasion avancée » et un renforcement du dialogue stratégique avec les partenaires européens, Emmanuel Macron ouvre la perspective d’une nouvelle architecture de sécurité. Cette initiative pourrait conduire à structurer l’environnement stratégique européen autour de la dissuasion française.

Par Véronique Chabourine, Analyste stratégique 

Le 2 mars, sur la base de l’Île Longue, Emmanuel Macron a présenté plusieurs évolutions de la dissuasion nucléaire française. Il a évoqué une évolution vers une « dissuasion avancée » et un renforcement du dialogue stratégique avec les partenaires européens. La France entend toutefois maintenir un contrôle strictement national de sa dissuasion : les armes, la chaîne de commandement et la décision d’emploi resteraient exclusivement françaises. Plusieurs partenaires européens pourraient néanmoins être associés plus étroitement à l’environnement stratégique de cette dissuasion, notamment à travers des consultations stratégiques et des exercices militaires. Cette logique rappelle, sous une forme différente, le principe de nuclear sharing de l’OTAN, dans lequel des États européens participent à la posture de dissuasion américaine sans en contrôler l’emploi. Elle se rapproche également du concept de dissuasion étendue (extended deterrence), par lequel un État nucléaire contribue à la sécurité d’alliés non nucléaires. Dans ce contexte marqué par la guerre en Ukraine et le réinvestissement militaire de nombreux États européens, la dissuasion française pourrait progressivement acquérir une dimension européenne plus structurante.

Dans les rapports de puissance contemporains, l’influence d’un État dépend moins de ses seules capacités militaires que de sa capacité à organiser une architecture de puissance combinant alliances, institutions et maîtrise de flux stratégiques. Selon l’indice Elcano Global Presence, l’Union européenne dispose d’une présence internationale comparable à celle des États-Unis. Mais la projection militaire américaine y reste nettement supérieure — environ 150 points contre moins de 100 pour l’Union européenne. Cette situation tient aussi à la fragmentation des capacités militaires européennes : l’Europe exploite aujourd’hui plus de 170 systèmes d’armes différents, contre une trentaine aux États-Unis. Selon le SIPRI, la Russie et les États-Unis disposent de plusieurs milliers d’ogives nucléaires — environ 5 900 et 5 200 — tandis que la France en possède environ 290. Plusieurs évolutions du discours de l’Île Longue s’inscrivent dans cette logique d’architecture de puissance. La première tient au retour assumé d’une forme d’ambiguïté stratégique. En indiquant que la France ne rendrait plus public le nombre exact de têtes nucléaires composant son arsenal, Emmanuel Macron réintroduit un élément d’incertitude qui renforce l’effet dissuasif. La deuxième évolution tient à l’européanisation progressive de l’environnement stratégique de la dissuasion française. Troisièmement, le concept de « dissuasion avancée » introduit une dimension géographique nouvelle en projetant la posture de dissuasion au-delà du territoire national. La possibilité de déployer temporairement des avions Rafale capables d’emporter l’arme nucléaire sur des bases alliées permettrait d’en renforcer la crédibilité et la portée stratégique. Une quatrième évolution concerne l’intégration croissante des capacités conventionnelles dans le système global de dissuasion. Le dispositif envisagé repose non seulement sur l’arme nucléaire, mais aussi sur des capacités conventionnelles complémentaires : défense aérienne, renseignement et capacités de frappe à longue portée.

La crédibilité d’une dissuasion ne repose pas uniquement sur l’arme nucléaire elle-même. Elle dépend aussi de la capacité à maîtriser les différents niveaux d’escalade d’un conflit. Le stratège Herman Kahn, puis la doctrine de l’OTAN, ont décrit cette logique sous le concept d’escalation dominance : la capacité de conserver l’avantage stratégique à chaque niveau d’escalade, du conventionnel au nucléaire. Dans la plupart des crises contemporaines, les situations restent en dessous du seuil nucléaire, ce qui exige des capacités conventionnelles robustes. Plusieurs analyses stratégiques, notamment celles du Center for Strategic and International Studies, soulignent que les stocks de munitions européens restent relativement limités. Le rythme de consommation observé dans la guerre en Ukraine — parfois plusieurs milliers d’obus tirés chaque jour — a mis en évidence les difficultés de nombreux États européens à soutenir durablement un conflit de haute intensité. Cette fragilité constitue aujourd’hui l’un des principaux défis pour la sécurité européenne. Sans ces capacités, l’articulation entre dissuasion nucléaire et puissance conventionnelle risque de rester incomplète. Cette évolution intervient toutefois dans un contexte où la sécurité européenne reste largement organisée autour du parapluie nucléaire américain. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a d’ailleurs récemment rappelé que la dissuasion américaine demeurait la garantie ultime de sécurité des alliés européens. Cette réaction illustre une réalité stratégique : la puissance réside aussi dans la capacité à organiser les structures de sécurité dont dépendent les autres États, et à structurer les dépendances stratégiques. 

Dans cette perspective, l’initiative française vise à structurer une architecture stratégique européenne autour d’un noyau nucléaire français. Cette logique correspond à ce que la politologue Susan Strange qualifiait de puissance structurelle : la capacité d’un acteur à organiser durablement les structures qui encadrent les rapports de force. Dans cette perspective, la dissuasion ne constitue pas seulement un instrument militaire, mais également un mécanisme d’organisation des dépendances stratégiques entre États. En structurant l’environnement de sécurité de ses partenaires, un acteur peut ainsi accroître durablement son influence au sein d’un système international. L’initiative d’Emmanuel Macron constitue ainsi à la fois une offre stratégique et un test pour l’Europe. À défaut d’un renforcement des capacités conventionnelles européennes, l’architecture proposée risquerait de rester politiquement ambitieuse mais militairement incomplète. Cette évolution pose également la question du partage des charges au sein de cette architecture de sécurité.

Une telle dynamique pourrait également agir comme un catalyseur pour les initiatives européennes visant à renforcer les capacités militaires et l’industrie de défense, notamment dans le cadre du plan ReArm Europe 2030. Si les Européens acceptent d’assumer les responsabilités militaires, industrielles et financières qu’implique une telle architecture, la dissuasion française pourrait devenir le noyau d’une véritable architecture de puissance européenne.

Newsletter

Ma Tribune

L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Illustration de la newsletter Ma Tribune

_______

Sources :

  • Snyder, G. H. (1961). Deterrence and Defense (Vol. 2168). Princeton University Press. https://doi.org/10.2307/j.ctt183pj49
  • https://www.realinstitutoelcano.org/
  • https://commission.europa.eu/topics/defence/future-european-defence_fr
  • https://www.sipri.org/
  • Kahn, H. (2010). On Escalation: Metaphors and Scenarios (1st ed.). Routledge. https://doi.org/10.4324/9781315125565
  • CSIS | Center for Strategic and International Studies 
  • https://www.iiss.org/

latribune.fr

Sur le même sujet

Ulysse Alarcos

OPINION. « L’IA reconstruit le BTP »

Le BTP a longtemps été protégé de la révolution numérique. Cette impression était trompeuse.

Idées & Débats
Olivier Mariscal

OPINION «  Le mythe du "bon moment" pour investir »

Lorsque les marchés boursiers atteignent des sommets, une même question revient toujours : est-ce vraiment le bon moment pour investir ?

Idées & Débats
Fabrice Gourgeonnet

OPINION. « Sur la route de la transition électrique, le défi du pouvoir d'achat »

De la guerre en Ukraine au blocage du détroit d’Ormuz : chaque crise internationale nous rappelle la même réalité. Une partie de notre pouvoir d'achat reste dépendante des fluctuations du prix du pétrole.

Idées & Débats
Jean-Christian Kipp

OPINION. « Révolte iranienne : il eût suffi qu’un uniforme change de camp »

La révolution iranienne n’a pas eu lieu. Des importantes manifestations qui ont embrasé le pays depuis le 28 décembre 2025 et de l’intervention militaire israélo-américaine déclenchée le 28 février 2026, résultent non pas l’effondrement du régime des Mollah mais son renforcement et une répression durcie. Ce constat brutal mérite que l’on s’y arrête, sans complaisance.

Idées & Débats
François Rousseau

OPINION. « Et si l'un des meilleurs choix d'avenir pour les jeunes était l'industrie ? »

Alors que l’année scolaire vient de se terminer, des milliers d'étudiants s'apprêtent à franchir une étape décisive, qu'il s'agisse de trouver un stage ou de décrocher leur premier emploi. C'est un moment charnière, souvent anxiogène, où les choix d'orientation se cristallisent, et où les préjugés peuvent peser lourd.

Idées & Débats
Ruchir Budhwar

OPINION. « Aérospatial : l’IA au cœur d’une nouvelle trajectoire industrielle »

Idées & Débats
Guillaume Chiche

OPINION. « Investissements étrangers : après l’attractivité, l’exécution »

Les annonces d’investissements étrangers constituent une excellente nouvelle pour la France. Mais être choisie ne suffit plus.  Elle a besoin que les décisions d’investissement deviennent des projets livrés, des emplois créés et de nouvelles infrastructures qui contribuent durablement au développement des territoires.

Idées & Débats
Serge Hanoca

OPINION. « Business France, l’illusion d’une reconquête sans moyens »

Réarmement économique ou désarmement budgétaire ? Un droit de réponse de Serge Hanoca, Collaborateur de Business France et secrétaire du CSE (*)

Idées & Débats