OPINION. « N’ignorons plus les 50.000 médecins retraités prêts à servir notre système de santé »
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Christian Boitard, Yvon Calmus, Frederic Lioté et Jérémy Renard
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Christian Boitard, Yvon Calmus, Frederic Lioté et Jérémy Renard
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Par Pr. Christian Boitard, secrétaire perpétuel de l’Académie nationale de médecine ; Pr. Yvon Calmus, Professeur de médecine émérite, Hépato gastroentérologue co-fondateur du Centre de Spécialités Médicales Odon Vallet ; Pr. Frederic Lioté, Professeur de médecine émérite, Rhumatologue, Co-fondateur du Centre de Spécialités Médicales Odon Vallet et Jérémy Renard, Co-fondateur du Centre de Spécialités Médicales Odon Vallet
Le Premier ministre avait d’ailleurs proposé la création de 5.000 Maisons France Santé. Mais pour qu’elles fonctionnent, il faut des médecins, qui aujourd’hui manquent cruellement. Dans les 10 prochaines années, 43.000 médecins partiront en retraite. Obtenir un rendez-vous médical deviendra mission impossible.
Les médecins retraités, dont beaucoup sont prêts à continuer à exercer, constituent une force vive pour répondre au problème. Pour ces Maisons que le Premier ministre appelle de ses vœux, en prenant l’hypothèse de 4 médecins à temps plein (ETP) pour chacune, cela revient à en trouver 20.000. Or 50.000 médecins retraités travaillant 2 jours par semaine équivaudraient à 20.000 ETP, ceux dont le Premier ministre a besoin.
Puis alors que les capacités de formation des CHU n’ont pas augmenté, le savoir, l’expérience, la passion des médecins retraités constituent un trésor national, qui doit être transmis. Les Maisons de Santé que veut le Premier ministre pourraient aussi être des lieux où ces médecins rencontrent les étudiants. L’expérience des structures qui en emploient déjà montre qu’elles ont vocation à devenir des lieux de stage pour les internes, avec un programme de formation structuré.
Enfin, chercher à économiser des milliards d’euros sur l’accès aux soins serait socialement très dangereux et bien plus coûteux que de développer intelligemment le système de santé. 50.000 médecins retraités pourraient assurer jusqu’à 100 millions de consultations annuelles, soit 15% du nombre total de consultations. Evitant ainsi 600.000 hospitalisations, soit 6 à 8 milliards d’économies par an.
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Mais les médecins retraités n’ont ni cadre, ni incitatif pour exercer ou former. Bien que motivés, beaucoup sont découragés par la lourdeur d’un système inadapté. Pour les libéraux, la charge d’un cabinet devient trop lourde. Pour les praticiens hospitaliers retraités, l’hôpital n’est plus une alternative. Il faut des structures adaptées, un environnement qui favorise l’émulation, où les moyens médicaux, humains, administratifs sont à leur disposition, sans contrainte.
De leur côté, les structures à but non lucratif voulant embaucher un médecin retraité à temps partiel doivent gérer une charge administrative démesurée. Puis payer des charges sociales de 43%, comme tout employeur. Quid d’un cadre global qui permettrait aux structures de santé d’accueillir des médecins retraités rapidement ?
La solution pourrait résider dans un Volontariat de Médecin Retraité, inspiré du VIE/VIA (Volontariat International en Entreprise / Administration), très simple tant pour la structure d'accueil que pour le volontaire.
Les médecins seraient mobiles sur tout le territoire, sans attache initiale, afin de répondre aux problématiques géographiques… à condition d’exercer dans des structures en Secteur 1 (sans dépassement d’honoraires). Exonérées de charges elles-aussi, pour rester viables économiquement eu égard au coût d’installation, des équipements, de fonctionnement.
Cette proposition* est aussi une invitation à repenser notre modèle de retraite. Pour les professions où la pénibilité est moindre, où la capacité de réflexion, le savoir continuent d’être utiles après une date donnée, et pour les métiers où le geste, la connaissance d’un environnement sont clés.
Le départ à la retraite s’envisagerait non plus comme une rupture, mais comme une transition progressive entre vie active et cessation d’activité. Un nouveau modèle “à la française”, en somme.
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* Elle fait actuellement l’objet d’une pétition sur le site de l’Assemblée nationale pour être examinée par les instances législatives.
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