ENTRETIEN – A 20 ans, la lauréate de la dernière édition du concours de beauté a connu ce « moment où tout s'éteint », dont elle est sortie en retournant en Polynésie pour se rapprocher de sa culture.Prononcez HinaOpoko : « grande déesse » en marquisien. Une promesse, presque un destin. À 24 ans, Miss France 2026 porte en elle deux mondes qui dialoguent sans cesse. Fille d’un psychiatre métropolitain et d’une aide-soignante originaire des îles Marquises, elle passe ses six premières années à Tahiti avant de débarquer dans un village du Gard, à Pompignan.
La petite fille qui roule les r apprivoise une autre vie sans jamais renier ses racines. Dans le hall feutré de l’hôtel Regina, elle impressionne. Véritablement. La silhouette, le port, tout y est. Mais très vite, autre chose s’impose : une aisance naturelle, une chaleur simple, presque familière. Chez elle, rien ne semble figé, ni les contours d’une vie après le règne, ni les chemins qu’elle empruntera. Il y a, quelque part, un rêve de cinéma qu’elle n’ose pas encore formuler trop fort. Des études de psychologie laissées en suspens, ou simplement en mouvement.
Et déjà, sans chercher à convaincre, une présence qui dit autre chose que l’image que certains continuent d’associer – parfois à charge – aux concours de beauté. Sans frontalité, elle s’inscrit dans ce débat, en incarnant une génération qui compose avec ces critiques plutôt que de les fuir. Comme une manière, discrète mais assumée, d’en déplacer les lignes. Et cette douceur-là, inattendue, désarme au point de rendre l’étreinte presque évidente… à condition d’avoir les bras assez longs pour atteindre son mètre quatre-vingt-deux.