ENTRETIEN – Vingt ans après son entrée à la Comédie-Française, il en est devenu en août 2025 l’administrateur général. Alors que les nécessaires travaux conduisent les spectacles de la troupe loin de la salle Richelieu…Ce jour-là, on est encore dans le bureau officiel de l’administrateur général. Aux murs, il n’y a plus rien. Des murs nus. Quelques meubles. Par les fenêtres, on découvre le haut bâtiment préfabriqué qui, dès le lendemain, abritera l’ensemble des services administratifs et techniques de la Comédie-Française.
Il est planté place Colette. Clément Hervieu-Léger devra grimper par l’escalier extérieur jusqu’au cinquième et dernier étage. Rien qui puisse affecter cet athlète délié et fin, silhouette svelte, légèreté de jeune Mercure aux pieds ailés. Il vient de la danse. Il était doué. Son ami de cours (dans le 15e arrondissement) Karl Paquette est devenu danseur étoile. Lui n’a pas voulu intégrer l’école de danse de l’Opéra de Paris. Il ne voulait pas être pensionnaire… il le sera plus tard, en 2005, chez Molière.
La désignation de Clément Hervieu-Léger a comblé les observateurs comme ses pairs. Il y a une évidence dans l’accession à ce haut poste de celui qui avait été nommé sociétaire en 2018. Il a beaucoup joué, il a mis en scène ses camarades dès 2011 avec une Critique de l’École des femmes très originale et délicate.
Il a fondé en 2010, avec Daniel San Pedro, La Compagnie des Petits Champs. Il en a quitté la codirection en devenant administrateur général. Mais cette structure lui a permis de monter des spectacles, de Marivaux à Lagarce en passant par Goldoni et Horace McCoy. Une forte expérience qui étoffe sa personnalité intellectuelle et morale solide, mais sans raideur.