François Ozon : « Les grands-mères indignes existent ! »
Propos recueillis par Charlotte Langrand
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

François Ozon, mardi à Paris.
LTD/Boby pour la Tribune Dimanche
Propos recueillis par Charlotte Langrand
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

François Ozon, mardi à Paris.
LTD/Boby pour la Tribune Dimanche
Sur l'affiche du film, des champignons remplacent la photo des acteurs. Amanites tue-mouche pour Hélène Vincent, champignons de Paris pour Josiane Balasko, morilles pour Ludivine Sagnier, girolles pour Pierre Lottin... Le cinéaste François Ozon revient à la nature et s'amuse avec la vénéneuse ambiguïté de la vieillesse : sa beauté et sa fragilité, le poids du passé, la famille que l'on se choisit et la pulsion de vie qui persiste. Le réalisateur de Huit Femmes, Potiche, Grâce à Dieu et Sous le sable déploie un casting comme toujours éblouissant, ose filmer le troisième âge autrement et prouve qu'il est encore le maître de la transgression, même tranquille.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Le film s'ouvre sur une poêlée de champignons très suspecte... Après ça, vous en mangez encore ?
À lire également
FRANÇOIS OZON - J'ai toujours aimé les champignons ! C'est miraculeux, ces petites choses qui sont soit délicieuses, soit toxiques. C'est une métaphore de la vie : la nature qui nous nourrit et peut nous tuer. Quand j'étais petit, ma grand-tante avait ramassé des champignons pour un repas et toute la famille est tombée très malade après, sauf elle, qui n'en avait pas mangé ! J'ai adoré cette histoire, je me suis dit : « Mais elle a essayé de zigouiller toute la famille ! » En fait, quand on cuisine des champignons pour quelqu'un, est-ce qu'inconsciemment, on n'a pas envie de s'en débarrasser ? Méfiez-vous ! Pour ce film, j'ai eu envie de filmer la nature et d'être à son contact. J'ai pensé à la Bourgogne, où j'ai passé tous mes étés d'enfance, et à ma période préférée, l'automne, celle de toutes les métamorphoses. L'automne de la vie me permettait aussi de parler de la vieillesse, à travers deux femmes de 70-80 ans, car j'avais envie de filmer des actrices qui assument leur âge, qui soient belles telles qu'elles sont.
Propos recueillis par Charlotte Langrand