« La guerre, Donald Trump et nous », de Guy Lagache : un documentaire sur l’Elysée à l’heure du trumpisme

Donald Trump à son départ de Palm Beach, en Floride, le 19 janvier 2026.
LTD/REUTERS/Kevin Lamarque

Donald Trump à son départ de Palm Beach, en Floride, le 19 janvier 2026.
LTD/REUTERS/Kevin Lamarque
Après Vladimir Poutine, Donald Trump. Quatre ans après avoir chroniqué la guerre en Ukraine et son impact sur les Européens (Un président, l’Europe et la guerre), Guy Lagache reprend le pouls du monde dans un nouveau documentaire, La guerre, Donald Trump et nous, diffusé ce soir sur France 2*. Comme son nom l’indique, ce document de 100 minutes revient le retour du milliardaire à la Maison-Blanche et comment l’année 2025 en a été bouleversée.
Le journaliste explique que c’est la fameuse scène du Bureau ovale, où Zelensky avait été humilié en direct par Trump et son vice-président JD Vance, qu’il a souhaité démarrer son nouveau film. Le déroulé très (trop ?) chronologique revient ainsi sur les grands moments, les multiples cassures de l’année écoulée : la Conférence de Munich en février, où JD Vance actait la rupture idéologique entre Washington et l’UE, des réunions de l’OTAN, du G7.
À intervalles réguliers et comme lors du premier opus, Guy Lagache suit au plus près Emmanuel Macron et ses équipes, de Paris à Berlin, en passant par Kiev et Washington. On pourra lui faire le reproche -déjà formulé pour le premier « épisode »- d’une caméra trop compatissante voire complaisante à l’égard du locataire de l’Elysée, qui a visionné le doc en amont. Mais cette « embedment » possède le grand mérite de montrer des images et des scènes inédites -et donc précieuses- qui racontent l’Histoire en marche, son affolement.
Ce qu’il en ressort est ce que l’on devinait sans forcément avoir toutes les preuves en main : le retour de Trump au pouvoir terrasse l’ordre mondial et brise le lien transatlantique. Il faut voir l’énergie monumentale que doivent déployer les Européens pour garder une place à la table des négociations sur l’Ukraine. Ce qui apparaît à l’image, c’est la détermination, l’ingénierie diplomate du Vieux continent.
Ce qui transparaît en creux, c’est cette immense faiblesse face à une nouvelle administration américaine qui ballote l’UE, la méprise. Plusieurs scènes en témoignent : cet appel (s’y illustre, au passage, tout l’hubris de Donald Trump et son obsession pour le prix Nobel de la paix) passé par Emmanuel Macron au Président américain en présence de plusieurs dirigeants européens presque flattés qu’il leur parle, l’immense lassitude d’Emmanuel Bonne, sherpa du président, devant des négociateurs américains qui ne répondent pas à ses appels.
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L’intervention régulière de brillants acteurs et commentateurs (Gabrielius Landsbergis, Kaja Kallas, David Sanger et Sylvie Kauffman, journalistes au New York Times et au Monde) vient apporter une touche très BBC à l’ensemble et offre un recul et une analyse bienvenus dans le chaos ambiant. Le documentaire de Guy Lagache sera précédé puis suivi de deux débats sur les questions internationales animés par Caroline Roux.