Malgré les bombardements et le non-respect du cessez-le-feu par Israël, les Libanais, épuisés par la guerre, espèrent voir les négociations avec Tel Aviv aboutir.Au Liban, le fossé entre la réalité du terrain et les déclarations officielles n’a jamais semblé aussi profond. « Nous avons tenu des discussions constructives entre militaires », s’est félicité vendredi sur X Elbridge Colby, numéro deux du Pentagone, à l’issue d’une nouvelle rencontre entre les délégations libanaise et israélienne. Au même moment, l’offensive de l’État hébreu redoublait d’intensité, rendant de moins en moins crédible le cessez-le-feu, prolongé de quarante-cinq jours le 15 mai.
La veille déjà, les derniers habitants de Nabatié fuyaient sous les bombardements. Les soldats de Tsahal ne sont désormais plus qu’à 2 kilomètres de cette grande ville du Liban-Sud, située au nord du Litani et donc totalement en dehors de la « zone tampon » décrétée par Israël.
À l’hôpital Najdeh, une poignée de médecins et de secouristes demeurent sur place malgré l’avancée des combats. « Quoi qu’il arrive, je ne quitterai jamais le Sud. Je resterai ici même si cela doit me coûter la vie », écrit Ali Reda Hammoud, secouriste bénévole. Plus au sud, à Tyr, les bombardements ont lourdement endommagé le centre historique de l’antique cité phénicienne. Dans l’ensemble du Liban-Sud comme dans la Bekaa, les frappes israéliennes ont gagné en intensité ces derniers jours, nourrissant les craintes d’une nouvelle avancée terrestre.
« Comme à chaque fois, ils demandent d’évacuer, bombardent et tuent pour préparer l’occupation », lâche Hassan Dbouk, président de l’Union des municipalités de Tyr. Selon un dernier bilan du ministère de la Santé, 3.555 personnes ont été tuées depuis le 2 mars et plus de 10.000 ont été blessées.