La mesure phare du nouveau schéma de développement économique de la Communauté d'agglomération Pays basque est la réservation de 50 hectares de terrains à des projets de création de bureaux ou d'usines. Le territoire cible particulièrement six filières industrielles jugées prioritaires.« Le Pays basque ne doit pas ressembler à une carte postale. Du folklore, il en faut, mais pas trop ». L'affirmation de Jean-René Etchegaray, président de la Communauté Pays basque (CAPB), en ouverture mardi de la présentation du nouveau schéma de développement économique du territoire pour la période 2024-2030, est autant une pique adressée aux habitants locaux, qui critiquent des projets de construction, qu'une invitation aux chefs d'entreprises songeant à s'y installer ou s'y développer. Au lieu des Landes, car même si le maire de Bayonne ne l'a pas dit à voix haute, il est de notoriété publique chez les entrepreneurs basques que l'on trouve dans le département voisin des terrains constructibles, plus grands et à des prix plus abordables.
C'est l'une des rançons du succès du Pays basque, qui a vu sa population croitre de 9,6 % en dix ans, à près de 319.000 habitants, contre 2,6 % en moyenne en Nouvelle-Aquitaine. De plus, malgré cette croissance démographique, le taux de chômage y reste inférieur à la moyenne régionale et nationale, respectivement de 6 %, 7,3 % et 7,5 % l'an dernier, comme il l'a été ces vingt dernières années.
Soutenir l'économie productive
« Nous confirmons le choix de compenser par une action publique forte la croissance de l'économie résidentielle (l'ensemble des services aux habitants et touristes, ndlr) versus l'économie productive, qui représente aujourd'hui 30 % des emplois », a souligné le président de la plus vaste communauté d'agglomération de France avec 158 communes et 322.000 habitants. Ce n'est donc pas pour rien que la mesure phare de la deuxième édition de ce plan de stratégie économique depuis la création de la CAPB en 2019 est la promesse de réserver 50 hectares aux (futures) entreprises pour qu'elles puissent y concrétiser leurs projets de création de bureaux et usines.
Annelot Huijgen, à Anglet