Après le succès de son seule en scène Amour, Bérengère Krief aborde l’intime avec humour dans son nouveau spectacle Sexe. Elle y partage des anecdotes tirées de son vécu, sans jamais tomber dans la vulgarité. Entre confidences et réflexions piquantes, comme celle de sa mère : « Attention, ma fille : la grossesse, c’est comme le Paic citron, une seule goutte suffit », chaque phrase devient un fil reliant le public à son intimité, où sincérité et liberté valsent ensemble. Ou le sexe fait rire à tous les coups. Et sans préliminaires.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Comment est né le spectacle Sexe ?
BÉRENGÈRE KRIEF — J’avais de la matière et des choses à raconter. Pour moi, le sexe est le deuxième sujet après l’amour, mais j’avais commencé à l’explorer dans mon coin. J’ai démarré ma sexualité sans beaucoup d’informations : mon corps fonctionnait mal, j’avais des problèmes… Alors je me suis tournée vers la lecture et j’ai lu plein de livres théoriques pour comprendre.
Amour, votre précédent spectacle, avait été écrit après l’annulation de votre mariage en 2015 avec Monsieur Poulpe. Dix ans après, comment vous sentez-vous ?
Il m’a fallu du temps mais j’ai réussi à atteindre un vrai pardon, ce qui m’a beaucoup soulagée. Ne pas ressasser, ne pas porter une valise énorme de rancune, c’est libérateur. Ce n’est pas simple, mais à un moment, je me suis dit : « Soit je garde tout ce poids, soit je me libère et je le laisse derrière moi. » J’ai choisi la libération. C’est un choix conscient : il faut reconnaître qu’il y a eu injustice et souffrance, mais chaque chose a son moment. Ça m’a permis d’avancer. Et la preuve, je me suis mariée cet été !