Les punchlines acides de Pablo Mira, l'émancipation des femmes par le sport… Notre sélection médias de la semaine

Découvrez notre sélection médias de la semaine.
LTD/Manolo Pavõn/ Audoin DESFORGES/ 2025 Les Gros Films

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« Sur le créneau de l’humour, il y a tellement de concurrence en ce moment, entre les comiques qui font de la scène, les youtubeurs, TikTok et Pascal Praud. » Sur la scène du Théâtre Marigny, Pablo Mira donne dès les premières secondes le ton de Passé simple, un seul en scène diffusé mercredi en prime time sur TMC dans lequel l’humoriste embarque le public dans les années 1990.
« Je suis né en 1985 ; c’est durant cette décennie que j’ai forgé toute ma culture populaire, avec des séries comme Beverly Hills ou les mangas du Club Dorothée, glisse l’humoriste. C’était une période beaucoup moins complexe qu’aujourd’hui, d’où le titre du spectacle. » Attifé d’un survêt de « prof d’EPS allemand », Pablo Mira joue la carte de la nostalgie – ambiance modem 56k et bonbecs qui piquent – devant un grand écran sur lequel défilent des images d’archives.
Sans jamais remiser sa sulfateuse durant cette heure et demie où tout le monde en prend pour son grade. Un humour corrosif qui a fait sa marque de fabrique. « L’avantage, c’est que je peux aujourd’hui être encore plus transgressif qu’avant car le public commence à me connaître. Il y a une prime à la longévité. J’appelle ça l’“effet Baffie”. Au départ, il choquait beaucoup de téléspectateurs. Mais il s’est imposé comme un “sale gosse” et on lui pardonne tout désormais, il peut dire les pires horreurs. »
Un second degré mâtiné d’absurde et de cynisme que Pablo Mira cultive depuis ses débuts, à l’image de la ligne éditoriale du site Le Gorafi, qu’il a cofondé en 2012. « J’ai toujours quelques billes dans la société mais je n’ai plus de responsabilités éditoriales ou opérationnelles depuis 2016. Je suis très heureux que la nouvelle équipe l’ait installé durablement dans le paysage culturel français. »
Après avoir joué plus de deux cents fois Passé simple, Pablo Mira planche désormais sur son troisième spectacle. Coup d’envoi en septembre 2026. « Il s’appelle “Pablo Mira cherche encore le titre de son spectacle”. Je pense que je vais garder ce titre ! J’y parlerai de mes névroses, mais aussi de tout ce qui m’agace dans notre époque. Comme ces sportifs de haut niveau qu’on érige en héros populaires, alors que ce sont juste des personnes qui courent ou nagent très vite. »
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D’ici là, les téléspectateurs de Quotidien continueront de savourer le mercredi soir son « 4 minutes, douche comprise ». Une pastille sur l’actualité dans laquelle il défouraille à tout-va. « Même si je suis dans l’émission depuis 2018 déjà, je continue de m’amuser. Je suis également en train de travailler sur un projet de fiction en tant que scénariste et comédien, mais il est trop tôt pour en dire plus. »

Let Me Run. Traduction : laisse-moi courir. Le titre de ce documentaire diffusé jeudi soir sur Canal+ sonne comme un cri du cœur. Celui de femmes à qui l’on a pendant des siècles interdit de pratiquer un sport. Trop fragiles, trop occupées à prendre soin du foyer, trop tout pour les hommes qui craignaient en réalité de les voir grignoter des pans de liberté.
« On montre comment elles ont conquis leur place dans un domaine qui ne voulait pas d’elles, explique son réalisateur, Philippe Fontana, qui coproduit ce film avec le champion de tennis-fauteuil Michaël Jérémiasz. On s’est penchés sur le destin de quatre femmes qui ont réussi à s’émanciper grâce à la pratique sportive. »
Ce tour du monde commence au Japon, à la rencontre de Hiyori Kon, une sumotori qui défie les traditions ancestrales. On part également du côté du Sénégal avec Khadija Sambe, l’une des premières surfeuses du pays, ainsi qu’aux États-Unis où l’on fait la connaissance d’Ernestine Shepherd, âgée de 89 ans. « À 70 ans, elle a décidé de devenir bodybuildeuse et d’aller soulever de la fonte en bikini devant un public ».
Un documentaire qui se termine en France aux côtés de Laurence Fischer, une ancienne championne du monde de karaté qui aide les femmes victimes de violence à se reconstruire grâce au sport. Un programme salutaire, à diffuser le plus largement possible. « C’est un film sur les femmes mais qui s’adresse avant tout aux hommes, confie Philippe Fontana. Après son passage à la télévision, on espère qu’il aura une seconde vie dans les festivals. »

Alerte pépite. Avec Los Años nuevos, le réalisateur Rodrigo Sorogoyen (As bestas, Madre) nous offre une série d’une rare puissance. Une savoureuse frise chronologique mettant en scène une décennie d’amour entre Ana et Óscar, qui se rencontrent à l’aube de la trentaine. Et avec la forme, s’il vous plaît : dix épisodes d’une cinquantaine de minutes, dix réveillons du 31 décembre successifs – à l’heure des bonnes résolutions puis des gueules de bois –, dix fragments de vie d’un couple qui tente de rester debout malgré l’usure du temps.
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Charge au spectateur de combler avec son imagination ce qui se joue, hors champ, le reste de l’année entre deux Saint-Sylvestre. Cette brillante idée d’ellipses permet de retracer avec une infinie justesse une histoire d’amour semblable à tant d’autres, depuis l’attirance physique des débuts jusqu’au délitement de la relation. Avec en prime une esthétique cinématographique et l’utilisation de plans-séquences parfaitement dosés. Brillant.