Camille Cottin : « Je vais vers mes 50 ans sans regarder devant moi ! »
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L'actrice Camille Cottin est à l'affiche de « Les enfants vont bien ».
LTD/Alexandre Isard
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L'actrice Camille Cottin est à l'affiche de « Les enfants vont bien ».
LTD/Alexandre Isard
Elle s’interrompt en pleine interview pour envoyer un message vocal à sa mère, et vérifier une info. Sait se montrer accessible et généreuse dans ses réponses pour parler du film de Nathan Ambrosioni, Les enfants vont bien, un drame familial dans lequel elle incarne Jeanne, une célibataire dont la vie rangée et terne se retrouve chamboulée par la visite de sa sœur (Juliette Armanet) et de ses deux enfants.
Ce rôle marquera-t-il un nouveau jalon dans une carrière féconde désormais partagée entre la France et les États-Unis (la série Killing Eve, House of Gucci de Ridley Scott…) ? Une chose est sûre : entre sa carrière américaine et ses incursions dans le monde du luxe en tant qu’égérie Dior et Tiffany & Co., sans oublier la présidence de la cérémonie des Césars 2026 décrochée il y a quelques semaines, Camille Cottin a conquis un statut de star à part entière.
Une consécration glamour qui n’empêche pas la comédienne de s’engager pour de multiples causes – contre les violences sexistes, en faveur des personnes LGBTQIA+, pour une meilleure représentation des femmes dans l’industrie cinématographique. Actuellement en tournage, Camille Cottin sera d’ailleurs demain soir sur la scène du Théâtre du Châtelet pour une soirée de soutien aux migrants organisée par SOS Méditerranée, avec Marie Darrieussecq, Gaël Faye, Jeanne Added…
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LA TRIBUNE DIMANCHE — Comment avez-vous appréhendé le rôle de Jeanne, cette célibataire qui se retrouve confrontée à une maternité imposée ?
CAMILLE COTTIN — Beaucoup de choses dans cette femme m’étaient étrangères, à commencer par son austérité. Je suis beaucoup plus méditerranéenne. Jeanne est assez misanthrope, pas très chaleureuse mais très pragmatique. Elle se retrouve au cœur d’une tempête émotionnelle après une visite de sa sœur, qui disparaît en lui laissant son fils et sa fille alors que Jeanne n’a jamais voulu d’enfant. Mais elle ne se dérobe pas, au contraire.
Je me sens assez proche de Jeanne dans son côté un peu rêche, frontal et loyal. Elle a le sens du devoir et des responsabilités. C’est une vraie héroïne de tragédie, mais en demi-teinte, sans bruit. Elle se sent enfermée, avec une colère rentrée. Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu un rôle qui s’exprime davantage dans le silence. C’est un terrain de liberté quand on peut habiter des silences, quand les choses se passent entre les dialogues. Je l’ai toujours pensé. Un de mes rôles préférés au théâtre, c’est Helen Keller, qui était sourde et muette. Là, j’étais au paradis. [Rires.]