Chez Sain, à Nantes, « le lien à l’assiette se fait avec une vision apaisée, méthodique, presque vertueuse » : la chronique de François Simon

Découvrez Sain, à Nantes.
LTD/Fabien Clairefond

Découvrez Sain, à Nantes.
LTD/Fabien Clairefond
« Nous pensions être face à une crise conjoncturelle. Elle est devenue structurelle » : Lavazza pris dans la tempête du marché du café
Budget : la sombre prévision de la Commission européenne pour la France
« Absurde », « prétexte », « injustifié »... Bruxelles hausse le ton face à la nouvelle offensive douanière de Trump
Fer guinéen : 6 mois après ses premières expéditions vers la Chine, Simandou monte en puissance
« Certaines personnes en ont peur, mais moi, j’ai confiance » : Au Kazakhstan, l'État du tout-IA où les citoyens payent avec les lignes de leur main
« Arrêt total et définitif » : des centaines de milliers de stations météo obsolètes en France malgré leur bon état
Pendant que la haute gastronomie se masse le menton sur l’essoufflement de son modèle de grand restaurant, sur la mutation de la notion de raffinement, un peu plus bas, le monde avance depuis belle lurette. Il suffit de pousser la porte du restaurant Sain, à Nantes, non loin de la cathédrale, pour reprendre connaissance.
À l’heure du déjeuner, c’est une véritable ruche tout en bonté. Il s’agit en fait d’une épicerie-cave à manger. Les façades au lettrage Art déco sont superbes, et à l’intérieur c’est une autre chanson : des murs brossés, des chaises Tolix, des étals de légumes, des étagères où s’empilent des flacons de puissante poésie. Deux frères, Samuel en salle et Josselin en cuisine, sont nés à quelques vols planés de mouette, à Guérande, activant la quatrième génération de maraîchers.
Il faut lire par-là que le lien à l’assiette se fait avec une vision enfin apaisée, méthodique, presque vertueuse. C’est ce que l’on capte immédiatement dans des assiettes calmes, nourrissantes, dociles aux appétits et non redressées aux foucades d’un chef « inspiré ».
Au menu du déjeuner à 25 euros : gravlax de truite, betterave, ricotta, vinaigrette ; ou lieu jaune, gratin de céleri, pomme de terre estragon, voire le porc confit, carotte rôtie, houmous, bouillon aux épices suivi en dessert d’une profonde poire, chocolat, crème de marrons, chantilly ou encore la panna cotta bergamote, lemon curd, basilic…
À lire également
L’assemblée bourdonne à l’unisson avec des bonnes têtes savourant l’instant, service adorable, souriant même alors que de partout on réclame, un café, une addition, du pain. On se dit alors qu’un peu de bon sens a toujours été l’allié de la cuisine avec sa rythmique lente et apaisée, généreuse et bienveillante. Le nouvel abécédaire de la gastronomie est en marche, il suffit de s’y pencher.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

ℹ️ 93, rue du Maréchal-Joffre, Nantes, 🌐 sain-Nantes.com
« C’est très abordable et facile d’y jouer » : le pickleball, ce nouveau sport à la mode qui talonne le tennis aux États-Unis
OPINION. « Violences après la victoire du PSG : mais qu’est-ce qu’on attend pour éteindre le feu ? », par Eduardo Rihan Cypel, ancien député PS de Seine-et-Marne
Visite à Toulon, port d’attache de Charles Berling
Juliette Binoche : « Je regrette le mot “fasciste” dans la pétition et la réaction disproportionnée du directeur de Canal+, mais pas la solidarité des artistes et des techniciens »