Lionel Shriver, écrivaine américaine : « En France, les intellectuels pètent plus haut que leur cul »
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Le livre « Hystérie collective » et son auteure Lionel Shriver.
LTD / Mathieu Genon /opale
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Le livre « Hystérie collective » et son auteure Lionel Shriver.
LTD / Mathieu Genon /opale
Quand elle est aiguisée et maniée comme un poignard, la fiction peut éviscérer. Lionel Shriver prouve depuis maintenant vingt ans – depuis Il faut qu’on parle de Kevin, le roman implacable sur la violence et la responsabilité morale adapté au cinéma par Lynne Ramsay qui l’a révélée au grand public – qu’elle n’a pas peur de se battre.
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Cette fois, elle s’attaque à l’égalitarisme cognitif qui voudrait que tous les cerveaux se valent et, surtout, à l’aptitude de nos démocraties à basculer dans l’« hystérie collective » – tel est le titre de ce roman formidablement dérangeant. Son héroïne, Pearson, enseigne la littérature à l’université. Le « mouvement de la Parité mentale » ayant pris le pouvoir, un anti-intellectualisme agressif se répand dans toute l’Amérique. Partout la bien-pensance impose une « hygiène du vocabulaire » : stupide devient « le mot en S », idiot « le mot en I », bête « le mot en B », et cætera. Chaque enfant est invité à dénoncer une mère ou un père qui utiliserait un de ces vilains mots interdits. Ce que fera Lucy, la benjamine de Pearson, parce que sa génitrice n’a pas abdiqué sa foi dans l’intelligence.