Des Pixies, à l'« Exorciste » en passant par la mythologie grecque : Mitski, la pop star qui chante le désespoir
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La chanteuse pop Mitski.
LTD/Lexie Alley
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La chanteuse pop Mitski.
LTD/Lexie Alley
Sorti en février, le nouvel album de Mitski s’intitule Nothing’s About to Happen to Me. Comprendre : « rien ne va m’arriver ». Un titre à double sens qui pourrait sonner comme un vœu pieux au regard de l’ascension inexorable de la chanteuse américano-japonaise depuis la sortie de son premier essai, le magnifique Lush (2012).
Forte d’une discographie audacieuse, l’artiste de 35 ans s’impose comme l’une des figures les plus populaires auprès des milléniaux et de la génération Z fascinés par ses hymnes intimistes, entre ballades à fleur de peau et rocks furibards sur la condition humaine (dépit amoureux, solitude, finitude), la difficulté de garder son intégrité artistique face aux diktats de l’industrie musicale ou les clichés occidentaux sur la femme asiatique…
Autant de thèmes abordés avec une belle intensité et une ironie mordante pour mieux conjurer le pathos ou les discours démagos. Le magazine Rolling Stone l’a décrite comme « la plus séduisante et énigmatique musicienne de la scène indie rock ». Le Guardian l’a intronisée avec malice « chanteuse du désespoir que les psys détestent ». Quant à Iggy Pop, il la considère comme « la songwriteuse la plus avant-gardiste des États-Unis ».
Son succès, Mitski Miyawaki l’a bâti en totale indépendance, sans la force de frappe d’une major, sans tapage médiatique ni matraquage marketing. Depuis le carton phénoménal de son cinquième album, Be the Cowboy (2018), elle s’est même astreinte à une discrétion rare dans l’univers de la pop. Elle décline toute interview dans la presse, assure le service minimum sur les réseaux sociaux sans étaler sa vie privée et appelle ses fans à s’abstenir de la filmer pendant ses concerts.