Asaf Avidan, vertige d’un artiste en pleine mue

Pour son nouvel album « Unfurl » (Telmavar Records), Asaf Avidan sera en concert les 4 et 5 novembre à Paris au Grand Rex.
LTD/Faid A. Savant

Pour son nouvel album « Unfurl » (Telmavar Records), Asaf Avidan sera en concert les 4 et 5 novembre à Paris au Grand Rex.
LTD/Faid A. Savant
Asaf Avidan n’a pas fini de surprendre. Unfurl, le titre son nouvel album sorti le 10 octobre, très attendu cinq ans après Anagnorisis, signifie « se déployer » en français et dévoile huit chansons magistrales au fil desquelles le kantor androgyne ne cesse de réinventer son personnage versicolore en diable, maléfique ou consolant d’une seconde à l’autre. Tour à tour grave, pincé, sarcastique, hurlé ou halluciné, son timbre de voix y apparaît pris dans une course effrénée, une sorte de grand huit qui, pour la première fois, l’incite à s’essayer au rap façon Eminem, rapide, bouillonnant…
Ainsi, soutenu par un grand orchestre qui parfois se change en fanfare nasillarde ou en cabaret à la Kurt Weill, Asaf Avidan s’augmente, se démultiplie, se réinvente aussi bien en crooner à la Sinatra qu’en dépressif amoureux à la façon de Leonard Cohen… Ou en rappeur. Rock, pop, jazz, rap, mille références résonnent dans cet album labyrinthique dont la référence principale va, cependant, aux musiques de Bernard Herrmann et au film Sueurs froides (Alfred Hitchcock, 1958).
C’est aux studios Miraval que le chanteur a renoué avec son allant créateur. En panne d’inspiration à la suite de sa dernière tournée, passée en 2022 par l’Acropole d’Athènes (Live at the Acropolis), il accepte fin 2023 l’invitation de Brad Pitt. Venu le voir dans sa loge à l’un de ses derniers concerts parisiens, donné au Grand Rex, l’acteur lui propose d’enregistrer aux studios de Miraval, sa propriété du sud de la France.

« Je ne perdais rien à essayer, après tout l’endroit est habité, c’est là que Pink Floyd a enregistré The Wall ! Je m’y suis senti en confiance et très bien reçu, même s’il pleuvait tout le temps, et je n’ai jamais revu Brad Pitt. Quatre chansons me sont venues et, contrairement aux précédentes, je ne les ai pas jetées. »
Rescapé d’un cancer, ancien élève de l’école des Beaux-Arts de Jérusalem ayant lâché ses études de cinéma pour s’adonner à sa passion musicale vers 2006, Asaf Avidan ne peuple pas ses chansons par hasard de figures qui invoquent la mort et dont les musiques s’enroulent et se déroulent à la façon de spirales sans fin. « L’influence du cinéma m’a toujours porté, de même l’angoisse que la vie, au fond, n’ait aucun sens », précise le chanteur, par ailleurs grand lecteur de Carl Jung.
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« Je me reconnais totalement dans son questionnement sur l’inconscient, l’art et la spiritualité », poursuit-il, indiquant au passage que désormais sa quête artistique « se déploie » du côté de Carcassonne, où il s’est installé avec sa compagne italienne. « Nous y avons fondé un refuge pour animaux, le Different Pulses Sanctuary, pour venir en aide aux animaux auxquels on peut encore éviter l’abattoir ou l’abandon. »