LA TRIBUNE DIMANCHE — Vous étiez amatrice du genre de la comédie musicale ?
SHY'M — Oui. Adolescente, je suis tombée amoureuse de Notre-Dame de Paris et j’ai eu un gros coup de cœur pour Starmania. J’en ai vu beaucoup ensuite, mais sans imaginer en faire. C’est un autre travail de se mettre au service d’une œuvre qui n’est pas la sienne.
Soupçonniez-vous une telle exigence ?
Non, je sous-estimais le travail. On entend souvent que les Français ne savent faire qu’une chose, mais la troupe de Chicago, c’est la preuve qu’on peut chanter, danser et jouer avec un même niveau.
Tout est au temps près : une note, un geste, une intention. Tout est millimétré. Il a fallu intégrer cette « charte » tout en apportant sa touche. On a travaillé avec les créatifs américains qui adaptent le rôle à votre corps, à votre personnalité. Petit à petit, ils font du sur-mesure.
La chorégraphie de Bob Fosse donne un rôle essentiel aux mains…
Les mains, mais aussi le port de tête, les épaules, la pointe des pieds. Même en talons ! C’est de la dentelle. Je n’ai pas les codes du musical ni du jazz. Je n’ai pas fait de classique, même si j’ai pris des cours avant de répéter. Il faut des années pour que certains gestes deviennent naturels. J’arrive avec mes failles, mes petits défauts, et aussi certaines qualités. L’idée, c’est de proposer ma propre Velma.