Jean-Loup Samaan, chercheur : « La posture défensive des pays du Golfe est de moins en moins tenable »
Propos recueillis par Antoine Malo
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Jean-Loup Samaan, chercheur.
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LA TRIBUNE DIMANCHE – À quel point les pays du Golfe sont-ils affectés par la guerre contre l’Iran ?
JEAN-LOUP SAMAAN – Même s’ils ne sont pas tous ciblés à la même hauteur, à très court terme, il y a la menace qui pèse sur l’intégrité de leur territoire, avec des économies et une vie sociale très fortement perturbées. Ensuite, il y a les dégâts sur les infrastructures énergétiques et civiles, que ce soient les aéroports, les usines de désalinisation ou les installations gazières et pétrolières. Enfin, tous ces pays sont dépendants de la rente pétrolière. Avec la fermeture du détroit d’Ormuz, ils voient leurs recettes publiques fortement baisser.
N’ont-ils pas les réserves financières pour absorber ce choc ?
Tout dépend des pays. Les Émirats arabes unis et le Qatar ont sans doute les moyens de tenir dans la durée. Mais pour Oman, qui a des réserves pétrolières beaucoup plus faibles, ou le Bahreïn, qui n’en dispose pas et dépend des aides de ses voisins, c’est beaucoup plus compliqué.
Depuis le début du conflit, ces monarchies font preuve d’attentisme. Comment l’expliquez-vous ?
Plusieurs raisons à cela. D’abord, ils ne voulaient pas de cette guerre et n’ont pas été consultés par les Américains. Puis, militairement, ils ne souhaitent pas apparaître comme cobelligérants, surtout au côté d'Israël, que la plupart des États ne reconnaissent pas. Ils ont donc donné priorité au défensif en se focalisant sur les interceptions des missiles et drones iraniens. Mais c’est en train d’évoluer.
Propos recueillis par Antoine Malo