Détroit d’Ormuz : la troisième voie est une évidence pour la France. La chronique de François Clemenceau
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La philosophie politique initiale d’Emmanuel Macron a souvent été caricaturée, parfois à juste titre. Son « en même temps », si rafraîchissant au départ, s’est heurté en neuf ans, sur le strict plan de la politique intérieure, au retour des polarisations, des postures électoralistes et des ego présidentiables. Mais, en politique étrangère, ce pragmatisme permettant d’emprunter des idées qui ont fait leur preuve à droite comme à gauche s’est doublé d’un « ni-ni » qui a beaucoup évolué.
« Nous voulons avec nos partenaires d’Europe, d’Asie, d’Indo-Pacifique, d’Amérique latine et d’Afrique rassembler pour construire une proposition crédible qui est, au fond, celle d’une troisième voie entre la pression maximale pratiquée précédemment par les États-Unis sur l’Iran et la reprise de la guerre, y compris par les destructions iraniennes contre les pays du Golfe », annonçait l’Élysée à la veille du sommet international sur la sécurisation du détroit d’Ormuz présidé par Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique, Keir Starmer.
Renvoyer dos à dos ainsi les États-Unis et l’Iran pour proposer en Européens, et avec le soutien d’une grande partie du Sud global, de remettre du dialogue et de l’ordre dans la région si cruciale du Golfe n’est pas une gesticulation d’acrobate. C’est une urgence lorsque le droit international, précisément celui de la libre navigation en mer qui garantit l’approvisionnement de nos économies, est à ce point menacé. En attendant que s’amorce durablement le déblocage du détroit d’Ormuz annoncé ce 17 avril, ce droit international reste fragilisé et doit être renforcé.