Le canal d’Istanbul, le nouveau coup immobilier d’Erdogan
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Le projet du Canal d'Istanbul provoque de nombreuses réactions houleuses chez les locaux.
LTD/OZAN KOSE / AFP
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Le projet du Canal d'Istanbul provoque de nombreuses réactions houleuses chez les locaux.
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Avec son charme bucolique, le village de Sazlibosna, situé dans la périphérie ouest d’Istanbul, est presque devenu une incongruité. Tout autour et à perte de vue, on ne voit plus que des grues, des pelleteuses et des squelettes d’immeubles.
Si ce hameau fondé en 1862 par des réfugiés tatars de la guerre de Crimée est aujourd’hui cerné par les chantiers, c’est qu’il est situé dans la région concernée par le canal d’Istanbul, un projet pharaonique prévoyant de percer un passage maritime parallèle au détroit du Bosphore, reliant ainsi la mer Noire à la mer de Marmara.
Présentée en 2011 par le président Recep Tayyip Erdogan, alors qu’il n’était encore que Premier ministre, cette nouvelle voie navigable serait longue de 50 kilomètres et large de 150. Elle aurait l’avantage de contourner la convention de Montreux établie en 1936, laquelle encadre la navigation dans les détroits du Bosphore et des Dardanelles. En vertu de cette convention, les bateaux traversant le fleuve sont exemptés de taxes et ne sont pas tenus de recourir à un pilote local pour la traversée.
D’un coût estimé à 11 milliards de dollars, le canal doit aussi être accompagné d’un important front urbain qui comprendrait des résidences de luxe, des ports de plaisance ainsi que des centres commerciaux et financiers. Mais pour de nombreux acteurs de la société civile, le projet est surtout synonyme de catastrophe environnementale.
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Le percement du canal modifierait notamment les niveaux de sel en mer Noire comme en mer de Marmara, perturbant ainsi les écosystèmes marins. Il impliquerait aussi la destruction d’un vaste espace naturel recelant une faune et une flore variées. Ses détracteurs dénoncent enfin les conséquences hydrauliques du programme : la région du tracé du canal comporte des réservoirs et des barrages indispensables à l’approvisionnement en eau potable d’Istanbul, qui seraient pour certains détruits, pour d’autres contaminés par les constructions.
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