Samy Gemayel, président du parti Kataëb, « L’Iran ne peut négocier au nom du Liban »
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Sami Gemayel est le président du parti Kataëb au Liban.
LTD / Joseph EID / AFP
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Sami Gemayel est le président du parti Kataëb au Liban.
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LA TRIBUNE DIMANCHE – Comment va le Liban après les frappes israéliennes qui ont tué plus de 300 civils mercredi 8 avril ?
SAMY GEMAYEL – Le pays est sous le choc, la population est traumatisée. Pas seulement à cause de ces frappes, cela fait déjà quelques semaines que le Liban paie le prix fort de la situation régionale. Une dizaine de villages ont été rasés près de la frontière, 800.000 personnes sont déplacées à l’intérieur du pays. Des combats ont toujours lieu dans le Sud et les bombardements israéliens continuent un peu partout. On ne sait pas comment les choses vont évoluer dans les jours qui viennent. Nous sommes pris en tenaille entre le Hezbollah, qui menace et suit l’agenda iranien, et Israël, qui ne prend pas de gants dans cette guerre et frappe fort.
Vous vous sentez donc pris en otage ?
Oui, jamais nous n’avons voulu cette guerre. C’est l’Iran qui a décidé d’ouvrir un front ici, à travers le Hezbollah qu’il a créé militairement dans la perspective d’une guerre éventuelle avec Israël ou avec les États-Unis. Cela fait une vingtaine d’années que nous sommes pris en otages. Les Iraniens ont transformé notre pays en une base militaire, un dépôt d’armes avec des milliers et des milliers de missiles cachés dans les souterrains, les villages, les vallées, les montagnes, les villes. L’Iran utilise notre pays comme une carte contre Israël et les États-Unis. Les Libanais sont les victimes d’une guerre qu’ils n’ont pas voulue.