Son état de santé est très inquiétant. Vendredi après-midi, la sœur de Jaouhar Ben Mbarek déclarait sur son compte Facebook que le professeur de droit avait été hospitalisé pour la sixième fois. Le cofondateur de la principale coalition d’opposition, le Front de salut national, est en prison depuis février 2023. « Jaouhar poursuit sa grève de la faim pour le 24e jour consécutif et refuse d’y mettre fin », écrit Dalila Ben Mbarek Msaddek sur le réseau social. De l’eau mais aucune nourriture pour l’universitaire condamné à dix-huit ans d’emprisonnement pour « complot contre la sûreté de l’État » et « adhésion à un groupe terroriste ». Le 12 novembre, Dalila Ben Mbarek Msaddek, avocate par ailleurs, racontait dans un Facebook live les « violences » dont son frère de 57 ans avait été victime en détention pour le forcer à se nourrir.
En solidarité avec le constitutionnaliste, Rached Ghannouchi, le leader du parti islamiste Ennahdha, âgé de 84 ans, s’est lancé à son tour dans une grève de la faim le 8 novembre. Un troisième détenu politique, Issam Chebbi, secrétaire général du Parti républicain, refuse également de s’alimenter pour protester contre un « procès injuste » et défendre l’indépendance de la justice.
Les trois hommes font partie des 37 personnes, avocats, politiques, hommes d’affaires, journalistes, accusées d’avoir voulu déstabiliser l’État, et qui ont été condamnées à d’importantes peines en avril dernier, allant de quatre à soixante-six ans d’emprisonnement. Un procès emblématique de la répression du président Kaïs Saïed envers l’opposition, les médias et les ONG qui remettent en cause la concentration du pouvoir entre ses mains. Depuis la suspension du Parlement et le limogeage du Premier ministre en juillet 2021, le chef de l’État s’est en effet arrogé tous les pouvoirs, exécutif, législatif, judiciaire.