LA TRIBUNE DIMANCHE — L’opération israélo-américaine vise-t-elle un changement de régime en Iran ?
David Khalfa — Au minimum, elle vise à le mettre à genoux. C’est ce que l’on appelle dans le langage stratégique une soumission stratégique. Elle consisterait à l’affaiblir encore un peu plus sur le programme nucléaire, mais aussi sur le balistique pour éventuellement provoquer son effondrement.
À quel point le régime a-t-il été touché par ses premières frappes ?
Ces premières frappes sont survenues au matin du 28 férvier, ce qui n’est pas du tout habituel pour ce type d’opérations. C’est lié à une information dont disposaient les Israéliens selon laquelle le Conseil de défense et le Conseil suprême de sécurité nationale allaient se tenir aux aurores. Je ne serais pas étonné qu’un grand nombre de responsables politiques et de responsables militaires de premier plan aient été éliminés. Et ce pour une raison assez simple : en juin 2025, on a pu voir la capacité de pénétration de l’appareil d’État iranien par les services de renseignement israéliens. Ils ont sans doute maintenu le même niveau de renseignement au plus près des dignitaires du régime.