Revigorée après sa passe d’armes avec le président américain sur l'avenir du Groenland, la Première ministre danoise est en pôle position pour remporter les élections législatives de mardi et décrocher un troisième mandat.
Mardi, au soir des élections législatives danoises, Mette Frederiksen enverra-t-elle un message de remerciements à Donald Trump ? A quelques jours du scrutin, la Première ministre du royaume est en tête des intentions de vote et le président américain n’y est peut-être pas étranger.
En décembre, alors que le républicain menaçait d’annexer le Groenland, la dirigeante sociale-démocrate était à la peine dans les sondages. L’affrontement diplomatique qui s’est ensuivi et la « victoire » obtenue sur Washington l’ont reboostée. Elle a sauté sur l’occasion pour convoquer des législatives anticipées.
Le calcul, selon le politologue Roger Buch, s’est révélé gagnant. « Les attaques de Trump contre le Danemark et le Groenland ont suscité un effet de ralliement autour du gouvernement, souligne-t-il. Le parti de la Première ministre a progressé de 3 à 5 points dans les sondages. »
L'affaire groenlandaise reste dans les esprits
Depuis, l’Iran a remplacé le territoire autonome arctique à la une des journaux. Pourtant, l’affaire groenlandaise est encore bien présente dans l’esprit des électeurs danois. Lin Borghäll, employée de mairie à Copenhague, se soucie ainsi de l’imprévisibilité du locataire de la Maison-Blanche. « C’est inquiétant, il peut faire ce qu’il veut, quand il veut », confie la quadragénaire.
Si la campagne électorale a surtout tourné autour de l’immigration, le sort de l’État-providence ou l’inflation, le nom Donald Trump n’a jamais été très loin. Régulièrement, Mette Frederiksen a mis en garde les électeurs sur le fait que Washington n’avait pas abandonné son projet arctique. Elle l’a encore répété jeudi, en marge du Conseil européen.
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