Vingt-mille marins, pour certains livrés à eux-mêmes sont encore bloqués, de part et d’autre du détroit.Sur la carte du site Marine Traffic, qui indique le positionnement des navires en mer, ce sont des centaines de points immobiles. Difficile de préciser avec exactitude le nombre de bateaux coincés dans les golfes Persique et d’Oman depuis le début des frappes israélo-américaines le 28 février et le blocus du détroit d’Ormuz par les Iraniens.
Selon les estimations s’y trouveraient de 900 à 1500 bâtiments, avec 20000 marins à bord. Dix d’entre eux ont déjà trouvé la mort, certains, en voulant porter secours à d’autres navire, comme ces quatre marins d’un remorqueur venus renflouer le 5 mars le porte-conteneurs Safeen Prestige, attaqué la veille.
Impossible de passer le détroit, au risque d’essuyer les tirs iraniens. Payer un droit de passage élevé, comme l’exigent les Iraniens, n’est pas gage de sécurité. Le 18 avril, un tanker indien transportant du pétrole irakien a été la cible d’une attaque, alors qu’il figurait en deuxième position sur une liste de passage dûment établie.
Mardi 5 mai un porte-conteneurs de la compagnie CMA CGM (propriétaire de La Tribune Dimanche au travers de CMA Média), le San Antonio, battant pavillon maltais avec un équipage philippin, était attaqué, alors qu’il était accompagné par la marine américaine dans le cadre du « Freedom Project », opération lancée par Donald Trump et abandonnée depuis, faisant huit blessés, dont un grave.
La situation a été difficile au début, quand les aéroports étaient fermés.
François Morizur, consultant en sécurité