ENTRETIEN — Le diplomate balte exhorte le Vieux Continent à agir fortement pour soutenir l’Ukraine. Sous peine de subir la loi de Trump et de Poutine, et de se désagréger.
Il est une voix qui compte en Europe. Gabrielius Landsbergis revient sur les enjeux du Conseil européen qui se déroule la semaine prochaine. Un moment qu’il juge crucial pour l’avenir de l’Ukraine et du Vieux Continent.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Donald Trump veut la paix en Ukraine avant Noël. Est-ce réaliste ?
GABRIELIUS LANDSBERGIS — Il est très difficile de croire que cela puisse arriver. Tant de choses tellement étranges sont encore en cours dans les discussions, comme l’idée que l’Ukraine entre dans l’UE en 2027. Ce serait donc aux Américains et aux Russes de décider de la date ? Cela n’a aucun sens.
Un Donbass démilitarisé semble aussi une option discutée. Qu’en pensez-vous ? Là encore, c’est très dur à imaginer. Depuis 2014, les soldats ukrainiens fortifient les villes de la région. Elles constituent leurs dernières lignes de défense. Si Kiev laisse les Russes y pénétrer, ce sera une question de jours avant que Moscou ne lance une nouvelle attaque.
Ursula von der Leyen a dit que la semaine prochaine serait décisive pour l’Ukraine. Vous confirmez ? Absolument. Le Conseil européen des 18 et 19 décembre, où il sera question de l’utilisation des avoirs gelés russes, sera comme l’examen final de 2025 pour l’Europe. Soit nous le réussissons et promettons quelque chose à l’Ukraine, soit nous échouons et laissons Kiev dans une position terriblement compliquée, à la merci des pressions russe et américaine.
Approuvez-vous la décision de Bruxelles d’immobiliser ces avoirs au moins jusqu’à la fin de guerre ? Oui, car elle répond à une inquiétude de la Belgique. Mais j’espère que ce n’est qu’un prélude aux décisions qui seront prises la semaine prochaine.
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