Après deux ans passés au pouvoir, le Premier ministre britannique, Keir Starmer, quittera ses fonctions d’ici une semaine. Son bilan demeure peu flatteur.
Printemps 2024. Quelques semaines avant d’être désigné Premier ministre, Keir Starmer l’affirme : « J’ai changé le Parti travailliste. Maintenant, je veux changer le pays. » Il s’engage à pacifier la vie politique britannique, secouée par la succession de cinq Premiers ministres en quatorze ans.
Printemps 2026. Starmer est destitué par son propre camp, majoritaire à la Chambre des communes. Jeudi, sa formation a commencé à enregistrer les candidatures pour lui trouver un remplaçant.
Si le processus doit se prolonger jusqu’à vendredi, l’ancien maire du Grand Manchester, Andy Burnham, a déjà reçu le soutien de 322 parlementaires de la majorité. Si sa victoire se confirme, il devrait prendre la tête du parti vendredi, puis entrer à Downing Street, le 20 juillet.
Starmer a déjà dit qu’il ferait un bon Premier ministre. Plutôt beau joueur, alors que les élus du Parti travailliste et la plupart des membres de son gouvernement lui ont tourné le dos, jugeant qu’il n’était pas l’homme qui leur permettrait de gagner les élections générales de 2029.
Par bien des aspects, le mandat de l’ancien procureur ressemble, il est vrai, à un naufrage. Son style de communication, jugé austère, a fait l’objet d’une avalanche de critiques. « Son élocution était monocorde et peu naturelle », assène dans une vidéo le correspondant du Wall Street Journal à Londres, Max Colchester, en rappelant que Keir Starmer a bâti sa carrière sur une intégrité absolue mais avec un style procédurier de juriste.
Élu député pour la première fois à 52 ans en 2015, il n’était pas un professionnel de la politique. « Keir Starmer lisait des textes préparés, poursuit Colchester. À l’ère des populistes, cela l’a rendu extrêmement vulnérable. » Sur ce plan-là au moins, Andy Burnham, excellent communicant, ne peut que mieux faire.
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