Certains ont arraché leur dernier dossard alors que Paul Seixas n’était pas né. Cela ne les empêche pas de continuer à sillonner chaque été les routes du Tour de France. Ces retraités du vélo pilotent les véhicules de l’organisation. Leur présence est d’abord un gage de sécurité. Eux seuls sont capables d’anticiper au volant les vagues du peloton. Mais leur recrutement par dizaines est aussi « une affaire de compagnonnage, une cooptation », assume le directeur de l’épreuve, Christian Prudhomme.
Le Tour est heureux de garder ses enfants auprès de lui. Il ne leur offre pas seulement un emploi saisonnier, il les conserve au sein de sa famille itinérante. Sous sa protection, ils échappent à la petite mort du sportif, cette rupture brutale avec l’univers qui les a faits rois. « C’est tout à fait ça », valide Christophe Riblon, 45 ans. Traverser juillet au cœur de la course, juger de la seconde et de la trajectoire parfaites pour dépasser les coureurs sans les brusquer, « j’y prends un plaisir fou, ça me maintient dans un esprit de compétition », poursuit Riblon, qui conduit le directeur général d’ASO (Amaury Sport Organisation), Yann Le Moenner.
Le vainqueur de l’étape de l’Alpe-d’Huez en 2013 sous les couleurs d’AG2R La Mondiale a raccroché fin 2017. Dès mars 2018, il était installé dans une voiture de Paris-Nice, autre épreuve détenue par ASO. « C’est souvent comme ça, on est sollicités très vite. Ça m’allait très bien parce que je ne me voyais pas quitter ce milieu que j’avais tellement aimé, de 6 ans à 36 ans. »