Inde : le film événement « Satlulj », poil à gratter du gouvernement nationaliste de Narendra Modi

Extrait du film « Satlulj », de Narendra Modi.
LTD/Parnil Vishwasrao/Macguffin Pictures

Extrait du film « Satlulj », de Narendra Modi.
LTD/Parnil Vishwasrao/Macguffin Pictures
C’est ce qui s’appelle rater sa cible. Une semaine après avoir été retiré du site de vidéo à la demande Zee5 deux jours seulement après sa mise en ligne, le film indien Satluj connaît un succès étonnant. Des copies pirates circulent en ligne et des projections publiques ont été organisées dans des villages du Pendjab.
C’est dans cet État du nord du pays, fief de la communauté sikhe mais aussi de la contestation paysanne contre les autorités centrales, qu’a lieu l’action de ce long-métrage. Il dénonce notamment les violences policières qui s’y sont déroulées dans les années 1980 et 1990.
Le thème déplaît manifestement au gouvernement nationaliste de Narendra Modi, qui, selon le média NDTV, serait intervenu pour déprogrammer le film, avec l’argument que certaines parties pouvaient être utilisées à mauvais escient par « les forces anti-indiennes ».
Satluj avait déjà connu une première vie des plus mouvementées. Après un an de tournage, il en avait fallu trois autres pour se faufiler entre les fourches Caudines de la censure indienne, qui exigeait pas moins de 127 coupes pour autoriser une projection en salle. De guerre lasse, les producteurs s’étaient résolus à diffuser l’œuvre uniquement en ligne.
Cela n’a, semble-t-il, pas été suffisant pour calmer le courroux de Delhi. Des cinéastes et militants politiques ont dénoncé ce nouvel acte supposé de censure, se plaignant de la politique de l’exécutif, qui s’opposerait de plus en plus aux créations artistiques s’écartant des récits officiels.
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