« Je ressens la même énergie qu’en 2018 » : La chronique du Mondial de Samuel Umtiti

"Cette équipe de France a tout pour aller au bout", prédit Samuel Umtiti.
LTD/Waleed Ibrahim/NurPhoto - WALEED IBRAHIM

"Cette équipe de France a tout pour aller au bout", prédit Samuel Umtiti.
LTD/Waleed Ibrahim/NurPhoto - WALEED IBRAHIM
France-Espagne, ce n’est pas la finale avant l’heure, juste une belle demi-finale. Si la France a montré sa supériorité à chaque match depuis le début de cette Coupe du monde, je reste un peu sur ma faim avec l’Espagne. Bien sûr, elle reste une grande nation de football, capable d’élever son niveau dans les rendez-vous majeurs. Mais je l’ai connue plus brillante ces dernières années.
Si la France est devenue la favorite de beaucoup d’observateurs, ce n’est pas un hasard. Ce statut compte peu, au fond, mais l’équipe est régulière, mature, sereine et en contrôle. On dit que les Bleus n’ont pas encore souffert dans cette compétition. Même si certaines équipes n’ont pas été au niveau – le Maroc en quart de finale, notamment –, je pense que c’est surtout parce qu’ils se rendent les matchs plus simples qu’ils ne le sont réellement.
Leur organisation, leur discipline et leur confiance compliquent énormément la tâche de leurs adversaires. Face à l’Espagne, ce sera certainement plus disputé. Mais je ne m’attends pas à voir l’équipe de France souffrir à l’extrême. À condition, bien sûr, qu’elle conserve le même niveau d’exigence.
Si elle laisse une miette, l’Espagne sera capable d’en profiter. Un joueur comme Lamine Yamal peut faire basculer un match sur une seule action. Il faudra donc défendre intelligemment, parfois à deux, sans jamais lui laisser d’espace. Si Lucas Digne réussit un marquage strict, il le mettra en difficulté.
Ce qui me rassure le plus, ce n’est pas seulement le niveau de jeu des Bleus. C’est ce qu’ils dégagent. Tous ensemble. Unis. Quand je regarde leurs attitudes, leurs célébrations, les remplaçants qui vivent chaque action comme les titulaires, on se dit qu’ils ont créé quelque chose qui les rend plus forts. Quand on a cette sensation qu’il ne s’agit pas d’une addition de talents mais d’un véritable collectif, on a fait le plus gros du travail.
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En 2018, nous avions aussi cette force collective. Nous avions gagné en confiance à chaque étape de la compétition. Cette énergie que je ressentais alors de l’intérieur du groupe, je la ressens aujourd’hui en étant à l’extérieur. C’est extrêmement rare dans une carrière.
J’ai connu beaucoup de groupes, et réussir à unir vingt-six joueurs autour d’un même objectif est probablement ce qu’il y a de plus difficile. C’est ce qui me fait penser que cette équipe de France a tout pour aller au bout.