L’ONG de droits humains installée en Norvège vient de publier un rapport sur le nombre de condamnations à mort et d’exécutions dans le pays en 2025. Elles ont explosé pour les trafiquants de drogue, ou supposés, et sont utilisées comme un instrument pour tenter de mater la population.
LA TRIBUNE DIMANCHE – Votre dernier rapport affirme que le nombre d’exécutions a très fortement augmenté en 2025. Comment l’expliquez-vous ?
MAHMOOD AMIRY-MOGHADDAM – L’augmentation a commencé après le mouvement Femme, vie, liberté de 2022. Il y a eu 500 exécutions cette année-là, puis 800 en 2023, 975 au moins en 2024. En 2025, nos vérifications ne sont pas terminées, mais nous pouvons déjà affirmer qu’il y a eu au moins 1.500 exécutions. Il s’agit du nombre le plus élevé depuis trente-cinq ans. On s’y attendait puisque plus de 90 % des personnes exécutées avaient été condamnées à mort pour des crimes comme le trafic de drogue ou le meurtre. Mais l’objectif des autorités iraniennes n’est pas de lutter contre la criminalité, il est d’instiller la peur dans la société pour empêcher toute manifestation.