Iran : Massoud Pezeshkian, un vrai-faux réformateur
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Massoud Pezeshkian, élu président de la république islamique d'Iran le 5 juillet 2024.
© LTD / ATTA KENARE / AFP
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Massoud Pezeshkian, élu président de la république islamique d'Iran le 5 juillet 2024.
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L'homme promet « de tendre la main de l'amitié » à tous les Iraniens et de sortir son pays de « l'isolement ». Avec 53,6 % des voix, Massoud Pezeshkian a été élu président de la République islamique d'Iran hier, battant l'ultraconservateur Saïd Jalili. Celui qui est présenté comme un « réformateur » en Occident doit maintenant tenir ses promesses. Et ce ne sera pas facile, ses pouvoirs étant limités. « Le président iranien est l'équivalent du Premier ministre en France, précise la sociologue Azadeh Kian, enseignante à l'université Paris-Cité. Tout ce qui relève de la stratégie du régime est décidé par le Guide [équivalent du chef de l'État] et ses propres conseillers. »
D'autant que Massoud Pezeshkian a souvent répété qu'il suivrait la ligne politique édictée par le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, qui, avec les Gardiens de la révolution, orchestre entre autres la répression contre les opposants. Pas question pour le chirurgien de 69 ans, député de Tabriz, la grande ville du nord-ouest du pays, de réformer la théocratie chiite.
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Massoud Pezeshkian a certes affirmé que les femmes devaient pouvoir décider de leur vie, notamment concernant le port du voile, « mais à aucun moment il n'a proposé de réviser les lois discriminatoires », critique Azadeh Kian, qui a suivi les débats télévisés pendant la campagne et remet en question sa qualification de « réformateur ». « Pezeshkian est un fondamentaliste, soutenu par des conservateurs modérés et certains réformistes qui ont voté pour lui afin d'éviter le pire, c'est-à- dire l'ultraconservateur Saïd Jalili, qui prônait l'entrée en guerre contre Israël et défendait la violence de la police des mœurs », explique la sociologue. Mais de nombreux réformistes, emprisonnés ou en résidences surveillées, ont dénoncé une « mascarade d'élection » et ont boycotté le scrutin. Avec 60 % d'abstention au premier tour et 50,2 % au second tour, les 61 millions d'électeurs iraniens ont d'ailleurs aussi montré qu'ils étaient conscients du rôle restreint du président.