Selon des informations recueillies par La Tribune Dimanche, la Commission européenne va reporter la présentation de son plan de sauvetage pour l’industrie automobile. Celle-ci était attendue le 10 décembre, mais elle se déroulera finalement le 16 décembre. « Certains textes ne sont pas prêts », reconnaît un représentant européen, et particulièrement celui qui concerne la décarbonation du parc automobile continental en vue de l’échéance de 2035.
L’Allemagne, dans le souci de sauver son industrie en crise, pousse pour un assouplissement de ce totem et un recul de la date à laquelle la vente des véhicules thermiques neufs sera dès lors interdite en Europe. Quant à la France, celle-ci n’est pas fermée à certains ajustements comme l’autorisation des véhicules hybrides, afin de ne pas mettre à mal les nombreux investissements industriels captés sur son sol pour la production de batteries.
Ce « paquet » automobile comprendra d’ailleurs un plan de 1,8 milliard d’euros, baptisé « Battery Booster », pour stimuler la production en Europe de ces batteries (qui peut peser jusqu’à 40 % de la valeur d’un véhicule électrique). Un aspect loin d’être négligeable, car l’origine des composants des futurs véhicules sera régulée demain par l’Industrial Decarbonisation Accelerator Act.
Mais des intérêts divergents s’affrontent sur le fond de ce texte qui va profondément changer la doctrine européenne. Celui-ci va imposer un certain taux de contenu local dans des industries stratégiques, comme l’automobile. « Il y a un combat en coulisses sur le contenu local, et surtout ses modalités d’application, entre les constructeurs et les équipementiers », constate un autre représentant européen.