ENTRETIEN – La CEO du groupe Ringier Médias Suisse et co-organisatrice du Congrès mondial des médias d’information décrypte les enjeux de ce rendez-vous qui entend jeter des ponts entre les industries.LA TRIBUNE DIMANCHE – Quel est l’objectif de ce congrès ?
LADINA HEIMGARTNER – Il s’agit de sa 77e édition – la première en France depuis 30 ans – et nous allons atteindre des records de fréquentation. Il y aura plus de 1.100 participants issus d’une soixantaine de pays, représentant au total plus de 450 éditeurs et groupes de presse. La philosophie de la Wan-Ifra [l’Association mondiale des éditeurs de médias d’information] est très claire : nous souhaitons faire émerger des solutions innovantes et des modèles économiques d’avenir pour permettre à notre secteur de résister aux tempêtes.
Mais il ne s’agit pas d’affronter de manière agressive les géants de la tech. Ils seront d’ailleurs présents à Marseille, à l’image d’OpenAI ou Google, car ils savent que nous restons toujours corrects avec eux, même si nous pouvons parfois être très critiques à leur égard. Qu’on le veuille ou non, ils sont là, donc il est impératif de dialoguer avec eux pour construire notre futur.
Quels seront les thèmes abordés au cours de ces trois jours ?
Nous proposerons des keynotes, tables rondes et débats autour, notamment, de l’intelligence artificielle. Le secteur de la presse n’a pas abordé de la meilleure manière les précédentes révolutions qu’ont été l’arrivée d’Internet puis celle des smartphones et des réseaux sociaux. Aujourd’hui, il ne faut surtout pas louper le train de l’IA. Le principal enjeu, c’est que la presse reste aux yeux du public le lieu où l’information est fiable et vérifiée. Si on n’y arrive pas, on perdra tout.