Inflation, stagflation, déflation ? La chronique financière de Marc Fiorentino

Découvrez la nouvelle chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond

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Vous allez devoir choisir entre ces trois scénarios. Pour une raison simple : chacun de ces scénarios a un impact radicalement différent sur vos placements et sur votre allocation d’actifs. Je vais essayer de vous aider à vous forger votre propre opinion.
Le débat fait rage entre les économistes. La majorité anticipe un retour de l’inflation du fait de la guerre en Iran. Leur raisonnement est simple : quelle que soit la durée de la guerre, la hausse des prix du pétrole et la disruption des approvisionnements de certains biens du fait, notamment, de la fermeture du détroit d’Ormuz vont provoquer une envolée des prix durable. Que les entreprises vont devoir répercuter sur les prix à la consommation. Dès lors, les banques centrales vont devoir remonter leurs taux. Les marchés sont convaincus par ce scénario et anticipent déjà trois hausses de taux de la BCE et plus de baisses de taux de la Fed. Dans ce scénario, les placements taux d’intérêt comme les fonds obligataires ou les fonds de dettes seront sous pression tout comme les actifs boursiers.
Une variante de ce scénario est la « stagflation ». Combinaison d’un retour de l’inflation et d’une croissance nulle. La hausse des prix, le climat d’incertitudes, la hausse des taux sont autant de facteurs qui freinent la croissance : les ménages en mal de pouvoir d’achat consomment moins et les entreprises freinent leurs programmes d’investissement. Les placements sont donc soumis à une double peine.
Et dans ce scénario, il ne reste plus qu’à attendre patiemment les soldes en stockant du cash rémunéré à travers des livrets ou des fonds euros d’assurance-vie, si possible boostés. Et puis il y a une troisième école. Dissidente. Une petite minorité dont je fais partie. Qui ne craint ni l’inflation ni la stagflation mais la déflation. Qui revient à la définition théorique de l’inflation qui est une hausse « durable » et « généralisée » des prix. Or, si la guerre se termine rapidement, on aura certes une hausse temporaire des prix. Temporaire seulement. Et cette hausse ne sera pas suffisante pour provoquer une propagation sur l’ensemble des biens, des services et surtout sur les salaires.
Pas d’inflation de « second tour », pas de boucle prix salaires. Pas d’inflation, donc. En revanche, un impact très négatif de la situation sur une croissance qui n’était déjà pas glorieuse et donc un risque de ralentissement de la croissance et d’accélération de la désinflation qui nous mènera tout droit à la déflation. Rappelons que la Chine est déjà en déflation et que la zone euro s’y dirigeait tout droit avant la guerre. Et si les banques centrales faisaient l’erreur de remonter leurs taux, elles précipiteraient l’arrivée de la déflation. Dans ce scénario, ce sont au contraire les placements taux d’intérêt qu’il faudra privilégier.
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Voilà. Vous avez tous les éléments nécessaires pour vous décider. Et si vous n’arrivez pas à choisir votre camp, conservez votre allocation d’actifs actuelle et attendez que la situation s’éclaircisse. Ce qui devrait arriver rapidement.