Le pétrole, encore et toujours. La chronique financière de Marc Fiorentino

Découvrez la nouvelle chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond

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Le pétrole. Encore le pétrole. Toujours le pétrole. L’attention des économistes et des investisseurs se focalise sur les cours du pétrole. Sur leurs fluctuations. Pour déterminer l’impact du conflit sur l’inflation, sur la croissance, sur les taux d’intérêt et donc pour vous sur vos placements.
C’est surprenant. Même si on sait que le pétrole continue à faire tourner une partie du monde. Mais j’avais le sentiment que nous nous étions mondialement désensibilisés au pétrole depuis le choc pétrolier des années 1970. Du fait du développement des énergies renouvelables, du fait de l’apport du nucléaire, malheureusement freiné par une Europe qui vient de faire son mea culpa sur le sujet, du fait également des optimisations de consommation après les crises successives que nous avons vécues, de la guerre du Kippour de 1973 à l’invasion de l’Ukraine en 2022 en passant par la guerre du Golfe, la première, de 1990-1991.
C’est partiellement vrai. La part du pétrole dans l’énergie primaire mondiale est passée d’environ 46 % en 1973 à 30 % aujourd’hui. Au profit du gaz naturel, de l’éolien, du solaire, du nucléaire, avec le charbon qui reste très présent dans la consommation asiatique.
Une baisse significative, donc. En pourcentage de l’énergie. Mais une hausse spectaculaire en termes absolus. Sur la même période, en cinquante ans, la demande mondiale de pétrole a doublé. De 50 millions de barils par jour au début des années 1970 à plus de 100 millions aujourd’hui. En cause, une croissance économique mondiale qui a fortement progressé, notamment du fait de la spectaculaire performance économique des pays émergents, Chine en tête.
Nous sommes donc encore très/trop dépendants du pétrole. Nous les Européens, mais moins qu’avant. Les pays d’Asie sont eux touchés de plein fouet par chaque hausse des cours compte tenu de leur dépendance. Quant aux États-Unis, autosuffisants et exportateurs de pétrole, la hausse pourrait être positive mais elle entraîne une hausse du prix de l’essence qui plombe la consommation des ménages, lesquels vont bientôt voter pour les midterms.
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Nous venons de vivre une semaine d’extrême volatilité sur le marché du pétrole. Dans la seule journée de lundi, les cours du brut ont flambé de plus de 35 % à l’ouverture des marchés avant de s’effondrer de 25 % en fin de journée quand Donald Trump a avancé que la guerre serait « très bientôt » terminée. Mais la hausse a repris dans la semaine. Malgré la décision de mettre sur le marché un stock historique de réserves de pétrole, 400 millions de barils, soit l’équivalent d’un peu plus d’un mois de consommation européenne.
Et cette volatilité du pétrole a des conséquences sur les indices boursiers et les marchés de taux : à la baisse sur les indices boursiers, à la hausse sur les taux, rendant toute décision de placements plus complexe et favorisant plus que jamais la prudence mais pas la panique et, surtout, la diversification. L’impact des cours du pétrole dépend d’un seul facteur : la durée du conflit. S’il ne dure que quelques semaines encore, l’impact sera limité et gérable. Si le conflit s’enlise, ce sera beaucoup plus dommageable. Mais ce n’est pas mon scénario.