À Aubervilliers, les bureaux vides se transforment en habitations

Espace Jean Jaurès à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), symbole de transformation d'une ancienne friche industrielle.
LTD/Axel Dahl

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LTD/Axel Dahl
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La vacance de bureaux en Île-de-France a encore atteint un nouveau record début 2026. Il existe près de 6,2 millions de mètres carrés vides, dont 43 % depuis quatre ans, selon le dernier rapport du conseil en immobilier d’entreprise Knight Frank publié mi-février. Et pour cause : depuis la crise sanitaire, les offices franciliens font grise mine, notamment du fait des trajets domicile-travail plus longs qu’ailleurs et toujours en raison du télétravail.
Des entreprises qui s’étaient positionnées sur ces actifs commencent donc à changer de braquet. C’est le cas de la Société de la Tour Eiffel (STE), une foncière au patrimoine de 1,6 milliard d’euros, dont 75 % dans le Grand Paris, engagée dans une démarche visant à réduire la part de l’immobilier de bureaux à deux tiers, en ciblant ses actifs dans les grandes métropoles. Objectif de celle qui détient aussi de la logistique urbaine, du résidentiel géré et des commerces : « Se développer vers plus de diversité des usages ».
Exemple à Aubervilliers, 4 rue du Sucre. Depuis 1999, la STE y est détentrice de l’ancienne parfumerie L. T. Pivet ouverte, à l’origine, en 1869. Le site a été transformé en bureaux, dont Atos était le principal locataire, avant de devenir un petit centre de données – data center – jusqu’en 2021. Puis, de 2022 à 2025, l’ex-usine a accueilli Poush, un collectif de 260 artistes qui est, lui, parti fin janvier.
« Demain, nous prévoyons d’y développer du logement familial, une résidence étudiante, des bureaux, un centre culturel, en conservant l’ensemble des bâtiments existants auxquels nous ajouterons 2 000 m² supplémentaires créés grâce à la transformation du parking », explique Christel Zordan, directrice générale de la STE.
Quand bien même le coût de transformation en logements reste, en moyenne, de 3.500 euros du mètre carré en région parisienne, à cela s’ajoute l’obligation de proposer 30 % d’habitations à loyer modéré (HLM), dont la vente ne génère pas le même retour sur investissement qu’un logement libre.
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« Le sujet économique n’est pas le principal point bloquant. Bien sûr, cela représente un investissement, mais c’est à mettre en regard de la taxe foncière [dont s’acquittent les propriétaires], de la taxe sur les bureaux [payée pour financer le métro du Grand Paris Express] ou encore des frais de gardiennage sur plusieurs années », reprend la patronne de la STE. Pendant quatre ans, elle dit avoir assumé 800.000 euros de charges annuelles – électricité, eau, maintenance et fiscalité – dont la moitié était réglée par le collectif Poush.
Encore faut-il avoir le droit de muter ces bâtiments. Parfois, le plan local d’urbanisme (PLU) ne le permet pas. Et, dans certains cas, la ville ne peut le faire, car la décision revient à l’intercommunalité. « À Aubervilliers, le sujet a dû remonter jusqu’à Plaine Commune. Cela fait déjà quatre ans, entre le dépôt du permis de construire, la modification du PLU intercommunal, enfin adoptée, et l’instruction du permis qui est toujours en cours », énumère la directrice générale de la STE. Sollicitée, l’équipe de campagne de la maire (UDI) Karine Franclet n’a pas répondu à nos demandes.
Et ce, alors qu’Aubervilliers s’affirme comme la deuxième commune avec la plus forte hausse du nombre d’actifs-résidents, selon le rapport de Knight Frank cité plus haut. Avec 6.250 actifs-résidents de plus entre 2014 et 2022, la commune est derrière Saint-Denis (+ 16 906) et Romainville (+ 5 782). « Il apparaît que le mouvement de décentralisation des actifs-résidents combinée à celui de recentralisation des emplois de bureaux soient favorables à une conversion des bureaux en logements », conclut l’étude.
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