« Le logement est en train de devenir un frein majeur à la croissance » (Robin Rivaton, Stonal)
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Robin Rivaton, directeur général de Stonal.
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LA TRIBUNE - Depuis deux ans, vous parlez de « bombe sociale » à venir concernant le logement. Pensez-vous que cette bombe a explosé ?
ROBIN RIVATON - Oui, la crise est bien là, mais il est difficile de dire si la bombe a explosé, car nous ne sommes pas tous égaux face au logement. Les propriétaires occupants qui ont déjà remboursé leur emprunt ne sont pas dans la même situation que les locataires du parc privé. En France, l'écart entre la part des revenus consacrée au logement par les propriétaires et celle consacrée par les locataires est le plus élevé de l'OCDE.
Qui sont les plus touchées par cette crise ?
Les primo-accédants qui souhaitent devenir propriétaires pour la première fois ou les nouveaux locataires, les étudiants quittant le domicile familial, les couples divorcés, les personnes devant déménager ou changer de région. Pour toutes ces personnes, le marché se bloque et la mobilité résidentielle diminue fortement.
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Au cours des vingt dernières années, la France a construit de nombreux logements de bonne qualité. Cependant, cette augmentation du parc immobilier a masqué les problèmes sous-jacents. Le taux de propriétaires n'a pas évolué depuis 17 ans, malgré des taux d'intérêt historiquement bas. Aujourd'hui, nous sommes passés de 400.000 logements supplémentaires par an à 250.000, ce qui entraînera un déficit d'un million de logements d'ici la fin de la décennie. Au passage, cela met le secteur du BTP, dont la bonne santé a participé à la décrue du chômage, en grande difficulté.
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