Métro du Grand Paris : le Val-d’Oise remet sur la table son projet de ligne 19

Le projet de ligne 19 du Grand Paris Express, tel qu’imaginé par le cabinet spécialisé Systra.
DR

Le projet de ligne 19 du Grand Paris Express, tel qu’imaginé par le cabinet spécialisé Systra.
DR
La présidente (LR) du département du Val-d’Oise le jure auprès de La Tribune : la révélation, jeudi soir, d’une nouvelle étude d’opportunité sur le projet de ligne 19 du Grand Paris n’a pas été calculée en fonction de la présentation, mercredi prochain, du projet de loi-cadre relatif au développement des transports en Conseil des ministres. Marie-Christine Cavecchi peut en effet se vanter de pousser le sujet depuis près de six ans.
Dès 2020, le conseil départemental a commandé, à Ingerop, une première étude d’opportunité. Puis, en 2023, des études exploratoires ont été inscrites dans le contrat de plan État-région 2023-2027 et dans le schéma directeur de la région Île-de-France (Sdrif-E). En parallèle, le département et l’autorité organisatrice des transports IDF Mobilités ont cofinancé, en 2024, une étude sur l’implantation d’une boîte gare à Nanterre dans la ZAC des Groues.
Cette nouvelle étude, réalisée par le cabinet Systra spécialisé avec Mensia, entend d’un côté, « partir des besoins du territoire pour concevoir un projet de mobilité » et « outiller les collectivités dans le cadre des futurs échanges autour du projet » et de l’autre, « ancrer la 19 dans la réalité des besoins de financement », « analyser la contribution du Val-d’Oise au financement du Grand Paris Express » et « dessiner des leviers d’action ».
Un métro qui aurait déjà les faveurs de « tous les maires du département ». « Près d’une cinquantaine de mairies ont adopté un vœu en faveur de la ligne 19 dans leur conseil municipal, et plus d’un millier d’élus locaux nous ont apporté leur soutien. Cette cohésion territoriale est une chance pour avancer ensemble sur ce projet de mobilité », fait valoir, à La Tribune, la présidente du 95.
D’autant qu’à l’écouter, la ligne 19 bénéficierait à tous les départements franciliens. À la fois en petite couronne : à Paris, pour diminuer l’engorgement des gares de l’Est et du Nord ; dans le 92, avec 100 000 personnes desservies dans le secteur de La Garennes-Colombes et de Colombes, et 50 000 emplois dans la ZAC de Nanterre-La Folie. Sans oublier le 93 où les villes d’Épinay, Pierrefitte et Villetaneuse seraient reliées au nouveau métro grâce au tramway.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Mais aussi en grande couronne : en Seine-et-Marne, avec une desserte améliorée du pôle CDG et la création d’un nouveau point d’entrée vers le cœur de la région parisienne ; dans les Yvelines, où Houilles et Sartrouville seraient voisines du tracé ; et en Essonne, où des synergies sont déjà envisagées avec la ligne 18 existante et son prolongement jusqu’à Boissy-Saint-Léger.
Reste que tout cela a un prix. Selon les estimations de Systra, les coûts des trois tracés exploratoires de la ligne 19 et leurs variantes varient entre 4,8 et 6,7 milliards d’euros, hors l’achat de matériel roulant.
Encore faut-il modifier la loi du Grand Paris 2010. « Un acte II du réseau de transport du Grand Paris n’est plus seulement opportun, il est devenu nécessaire ! » s’exclame l’élue locale. L’étude met en évidence « un déséquilibre fiscal important », pointe-t-elle : les entreprises du 95 contribuent autant au financement du métro que celles du 78 ou du 91, mais ne bénéficient que d’une gare. À savoir sur le triangle de Gonesse sur la ligne 17.
« Cette situation n’est ni soutenable, ni équitable » persiste et signe Marie-Christine Cavecchi. « Il faut rééquilibrer l’offre au profit des départements de grande couronne. Nous ne sommes pas face à une demande marginale, mais à une réalité structurelle qui pèse sur la qualité de vie, l’attractivité économique et la compétitivité de l’ensemble du territoire francilienne », insiste-t-elle.
Et pour cause : le département peut déjà compter sur les décideurs privés. « Aéroports de Paris et la Semmaris font partie de nos premiers soutiens économiques, nous ont témoigné de leur adhésion dès le lancement du projet et suivent, maintenant, l’avancée de notre travail en participant à notre comité », reprend la présidente.
En juin dernier, le patron de Rungis, Stéphane Layani, qui développe le projet Agoralim dans le Val-d’Oise, s’était en effet dit « prêt à payer des impôts » pour que le projet aboutisse. Le directeur de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, Régis Lacote, désormais directeur général adjoint du groupe ADP, y voyait, lui, une occasion d’attirer les talents durant la prochaine décennie.
Reste que la partie n’est pas encore finie. Fin 2025, IDF Mobilités a désigné ses bureaux d’études et lancé son étude sur les prolongements de métros inscrits au schéma directeur de la région. Sans surprise, la ligne 19 fait partie de cette étude globale.
À lire également
« Nous les avons déjà rencontrés début janvier et ils vont nous associer toute l’année afin d’étudier les différents tracés et leurs variantes que nous avons explorés dans notre étude », assure ainsi Marie-Christine Cavecchi. Les résultats sont attendus en 2027.