Végétalisation, rénovation des bâtiments… comment Lyon se prépare aux vagues de chaleur

Les places lyonnaises sont en cours de végétalisation pour lutter contre le réchauffement climatique.
LTD/Anne Taffin

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LTD/Anne Taffin
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Chaque été, les vagues de chaleur s’enchaînent, influençant notre qualité de sommeil, nos habitudes, mais aussi la biodiversité. Une réalité que le réchauffement climatique va amplifier au cours des 25 prochaines années, et qui oblige déjà les élus à adapter leurs territoires. Exemple dans la capitale des Gaules.
Une hausse des températures moyennes de + 2,7°C à horizon 2050 : c’est ce qui nous attend dans l’Hexagone, selon Météo France. Une poignée de degrés qui affecteront notre santé, mais aussi nos modes de vie, notamment dans les territoires les plus urbanisés. Éloignée des courants océaniques, densément peuplée et très minérale, Lyon fait partie des 20 % de zones où les températures augmenteront le plus rapidement en France – selon les analyses de l’AFP basées sur les scénarios du GIEC.
La ville a déjà « pulvérisé ses records de température en 2023, avec un pic à 41,4°C », rappelle, de son côté, Sylvain Godinot, adjoint au maire délégué à la transition écologique. D’ici 2050, le nombre de jours anormalement chauds pourrait plus que doubler, et celui des nuits caniculaires passer de quatorze, au début du siècle, à trente-cinq, en moyenne, toujours selon l’AFP.
Face à ce défi, la majorité à forte composante écologiste, dès son arrivée à la tête de la municipalité en 2020, a souhaité « monter d’un cran » la politique climatique menée depuis 2008, indique Sylvain Godinot. Avec une stratégie qui s’appuie sur trois axes majeurs : l’adaptation de l’espace public – avec un accent mis sur la végétalisation –, la rénovation des équipements publics et la rénovation des logements.
En début de mandat, la Ville de Lyon a actionné un plan nature, dans la programmation pluriannuelle des investissements (PPI), doté d’une enveloppe de 141 millions d’euros. Celui-ci a permis de regagner 13,8 ha de nature sur le bitume, grâce à 260 actions de plantation. À travers cette végétalisation, l’objectif est de densifier la canopée pour atteindre 100.000 arbres sur les espaces publics (parcs et voiries) d’ici 2030. Ce qui permettra de créer davantage de « parcours frais » qui relient des rues ombragées à des parcs, à des jardins ou à des monuments. Une stratégie complétée par une cartographie de 700 lieux « où se rafraîchir » en cas de fortes chaleurs.
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Les mesures sur le bâti ont ciblé en priorité un public fragile : les enfants. « Une trentaine d’écoles ont bénéficié de rénovations ambitieuses [protection solaire, brasseur d’air, etc.] de plus d’un million d’euros chacune, et plus d’une dizaine de crèches », développe l’adjoint au maire, qui évoque également la création de 80 « cours nature » et plusieurs « rues aux enfants », piétonnes et végétalisées. Si Laurence Croizier, conseillère municipale et métropolitaine de l’opposition, salue les mesures, elle regrette un manque d’ambition et de réalisations. Dans son arrondissement (le 6e), une seule école a été rénovée, et les travaux d’une seconde lancés, assure-t-elle.
Un autre projet a suscité de nombreuses critiques : l’œuvre éphémère « Tissage urbain », installée place Bellecour, apportant de l’ombre à cet îlot de chaleur. Un projet qui ne fait pas l’unanimité, certains élus préférant plus de végétalisation, ce que les contraintes techniques (parking sous-terrain) et patrimoniales (classement) rendent néanmoins difficiles. Planter dans le sol ne sera pas réalisable partout, reconnaît Sylvain Godinot, qui ouvre la voie à des alternatives comme, par exemple, la végétalisation en façade.
Si elle est réélue, la municipalité entend poursuivre sur cette lancée, en mettant en place un fonds de petits travaux pour aider les ménages à s’équiper en protection solaire ou en brasseur d’air. Et en soutenant la création d’un second lieu de baignade en milieu naturel, en plus de celui qui devrait voir le jour à Confluence à l’été 2027. Un projet qui a fait l’objet d’une collaboration avec d’autres acteurs, dont la Métropole de Lyon – très engagée, elle aussi –, et qui témoigne de l’importance de fédérer tous les acteurs locaux autour de cet enjeu.
C’est le cœur du programme d’expérimentation européen « 100 villes climatiquement neutres en 2030 », dont la capitale des Gaules est lauréate. Développé sous le nom « Agora Lyon 2030 », celui-ci fédère plus de 170 acteurs autour du développement de solutions répondant à ce défi, et réunies dans le Pacte Climat Lyon 2030. Dans ce cadre, la Ville a bénéficié d’une enveloppe de 600.000 euros pour animer un lieu dédié au climat, ouvert à tous : l’École de la résilience.
Cette adaptation au réchauffement a un coût qui oblige à faire des arbitrages, admet Laurence Croizier. Si certains d’entre eux font l’objet de désaccords, la réussite de l’entreprise passera par la coopération des acteurs, le partage de bonnes pratiques et le déploiement d’une pluralité de solutions adaptées à chaque territoire.
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