Après un déplacement en Vendée pour prévenir les faillites d'entreprises, le ministre des PME réunira tous les acteurs clefs du secteur mardi 10 février.
Près de 70.000 défaillances d’entreprises enregistrées en 2025, après 66.000 en 2024. Un triste record. Et le pire score européen en la matière.
Parmi les causes le plus souvent évoquées pour expliquer ces cessations forcées d’activité, certaines sont structurelles (multiplication des autoentrepreneurs et des microentreprises, plus fragiles par nature), d’autres conjoncturelles (entreprises « zombies », effet de rattrapage post-Covid et remboursement des PGE).
Mais le ministre chargé des PME, lui-même ancien patron de Système U et bon connaisseur des relations entre PME-TPE et grands groupes, souhaite inverser la courbe. Et mettre en place un ensemble de dispositifs pour « développer la prévention et agir avant que l’entreprise ne disparaisse », selon ses équipes.
L’accompagnement des entreprises en difficulté doit devenir « un chantier majeur » dans toutes les Régions et départements. Dans ce but, Serge Papin réunira mardi après-midi à Bercy la totalité des acteurs concernés, publics et privés : les banques (Fédération bancaire française, Banque de France, sociétés financières…), les greffiers, experts-comptables, administrateurs judiciaires et organisations patronales représentatives (Medef, CPME, chambres de commerce et d’artisanat).
Tous signeront une « charte », avec des engagements et des indicateurs concrets. L’Urssaf, par exemple, une administration impliquée dès les premières difficultés rencontrées par les entreprises, traitera les dossiers en moins de deux semaines – alors que ses délais d’intervention n’avaient jusqu’ici pas de limites fixées dans le temps. Tandis que l’administration fiscale dispose déjà de conseillers départementaux spécialisés dans le traitement des défaillances (un par département), qui seront mobilisés pour détecter le plus tôt possible les sociétés en péril. Côté privé, les banques proposeront un suivi personnalisé des entreprises fragilisées.
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Les chefs d’entreprise doivent savoir vers qui se tourner .
« Solliciter en amont tous les acteurs, publics et privés, devrait permettre de diminuer le nombre de défaillances en agissant davantage à temps, notamment par la diffusion de bonnes pratiques. Les chefs d’entreprise doivent savoir vers qui se tourner », estime-t-on dans l’entourage du ministre.
Reste à s’attaquer à l’une des causes majeures du phénomène : les délais de paiement (officiellement de soixante jours ou quarante-cinq jours fin de mois, avec plusieurs exceptions selon les secteurs), souvent très largement dépassés. Une autre singularité française face au reste de l’UE, qui frappe essentiellement les PME-TPE, victimes des retards de paiement imposés par les grands groupes : une entreprise sur deux de plus d’un millier de salariés paie ses factures au-delà des délais légaux. Aussi, un quart des défaillances d’entreprises sont causées par des problèmes de trésorerie.
Sur ce terrain, le ministre des PME s’appuie sur le travail législatif mené par le sénateur LR Olivier Rietmann (Haute-Saône) pour déplafonner les sanctions en vigueur aujourd’hui : d’un montant maximal de 2 millions d’euros, ces futures sanctions pourraient s’élever à 1 % du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise visée. « Ce qui serait autrement plus dissuasif », estime-t-on à Bercy.