IA : un levier de croissance que les PME et ETI françaises peinent à activer

Les auteurs de l’étude mettent en évidence un contraste entre les résultats obtenus et un débat public imprégné par l’intelligence artificielle.
Charles Platiau

Les auteurs de l’étude mettent en évidence un contraste entre les résultats obtenus et un débat public imprégné par l’intelligence artificielle.
Charles Platiau
Alors que l'intelligence officiel s'impose chaque jour un peu plus dans les usages du quotidien et professionnels, du côté des petites et moyennes entreprises (PME) comme de celle de taille intermédiaire (ETI), l'adoption reste modérée. C'est ce que révèle une étude de la banque publique d'investissement Bpifrance publiée ce mercredi.
Si près d'un dirigeant sur six (58 %) juge que la mise en œuvre de l'IA est « une question de survie » dans les trois à cinq prochaines années, 57 % n'ont pas développé de stratégie pour l'intégrer à leur activité, relèvent les auteurs de l'étude. En outre, un peu plus de la moitié des dirigeants interrogés assurent ni encourager, ni désapprouver l'utilisation de l'intelligence artificielle par leurs salariés (53 %).
Par ailleurs, plus d'un tiers des dirigeants de PME et ETI se disent sceptiques sur la mise en œuvre de l'IA dans leurs entreprises (27 %). Ces dirigeants rétifs témoignent notamment d'une moindre utilisation des données et du numérique dans le cadre de leurs activités, mais également de craintes concernant les conséquences que l'IA pourrait faire peser sur l'emploi et le lien social.
Une part à peu près équivalente de dirigeants (26 %) se dit entravée dans son désir de développer l'IA et témoigne de difficultés pour la mettre en œuvre, évoquant notamment un manque de qualification. Si 43 % des dirigeants ont défini une stratégie IA, une part analogue explique ne pas collecter ni analyser leurs données dans le cadre du pilotage des activités de leurs entreprises, un prérequis à la mise en œuvre de modèles d'IA.
Bpifrance, détenue à parité par l'État et la Caisse des dépôts et consignations (CDC), a mené cette étude auprès de 1 200 dirigeants de PME (moins de 250 salariés), en excluant les entreprises de moins de 10 salariés, et auprès d'ETI qui comptent moins de 5.000 salariés et dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 1 500 millions d'euros.
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(Avec AFP)