ENTRETIEN – Le patron de la jeune entreprise française, spécialiste de la recharge rapide des véhicules électriques, estime que les constructeurs automobiles ne sont pas au rendez-vous.L’année 2025 aura été une année charnière pour Electra, avec une levée de fonds par de la dette bancaire de 433 millions d’euros en milieu d’année et l’installation de 244 stations de charge rapide (pour un total de 644) dans dix pays.
LA TRIBUNE DIMANCHE – Comment vous projetez-vous sur 2026 ?
AURÉLIEN DE MEAUX – Nous avons levé plus de 1 milliard d’euros depuis nos débuts en 2020. Nous sommes dans une activité qui demande beaucoup de capacités d’investissement. Surtout, au cours de l’année passée, nous avons multiplié par deux notre taux d’utilisation, c’est-à-dire le nombre de kilowattheures délivrés par une borne chaque jour, une matrice clé dans notre secteur. Nous avons ainsi réalisé un chiffre d’affaires légèrement inférieur à 70 millions d’euros en 2025 et nous voulons le doubler cette année, avec un objectif de rentabilité pour la première fois en 2026. Pour y parvenir, nous allons notamment construire 300 stations supplémentaires dans les douze prochains mois.
Qu’en est-il plus particulièrement de la France, votre marché d’origine, pour vous qui êtes exclusivement spécialistes de la recharge rapide des véhicules électriques ?
Nous sommes devenus leaders en France de ce marché, avec 350 stations de recharge actives, ce qui représente 2500 points de charge ultrarapides. Nous voulons que la voiture électrique soit hyper simple à l’usage pour tout le monde. La France est le meilleur pays d’Europe pour faire de la mobilité électrique. Nous avons de bonnes infrastructures et nous surproduisons de l’électricité. Par ailleurs, celle-ci est décarbonée et nous avons un réseau qui fonctionne très bien. Le débat ne doit pas se concentrer sur le mix énergétique mais sur l’électrification des usages.
Ce qui compte aujourd’hui, c’est la congestion ou non des bornes.